Pour la Banque de France, la spéculation sur les crypto-monnaies ressemble à la tulipomanie !

C’est une déclaration assez étrange, de prime abord, qu’a récemment fait François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France. Ce dernier compare la spéculation actuelle autour du Bitcoin à la tulipomanie. Mais, d’ailleurs, qu’est-ce dont que la tulipomanie ?

Il s’agit tout bonnement de la première grande bulle spéculative qu’a connu l’histoire moderne. En effet, au XVIIᵉ siècle, un engouement aussi soudain que puissant a eu lieu pour les tulipes hollandaises. Pour vous donner une idée : une tulipe pouvait valoir aussi cher qu’une maison ! La suite, vous vous en doutez : le cours s’est effondré et un véritable premier krash boursier a eu lieu en 1634. C’est donc à cela que compare Français Villeroy de Galhau, l’engouement autour du Bitcoin. Néanmoins, que peut-on penser de la légitimité de ces propos par rapport à son poste actuel ? En effet, le Bitcoin vient concurrencer directement les monnaies nationales…

La peur de la volatilité et de l’opacité du Bitcoin

Derrière cette annonce se cache un véritable problème de fond : le Bitcoin s’avère être une crypto-monnaie très volatile. De par sa jeunesse (elle a été créée en 2009), il est assez logique que son cours varie autant au fil des mois ou des années. Néanmoins, on pourrait aisément penser que cela devrait se stabiliser au fil du temps, mais la question que l’on peut se poser, c’est… Quand ?

De plus, un paiement en Bitcoin s’avère entièrement crypté : il est impossible de remonter jusqu’à la source comme pour un virement simple ou un paiement par carte bancaire. C’est également ce qui fait peur à la Banque de France (et c’est tout à fait légitime). D’ailleurs, il n’est pas rare que l’on entende parfois parler de transferts de fonds illégaux ou de la part de terroristes potentiels via le Bitcoin. Bref, cette monnaie s’avère assez opaque, et c’est, malgré tout, ce qui en fait sa force, notamment avec la blockchain. C’est assez surprenant au final : c’est à la fois une force et une faiblesse !

Des monnaies virtuelles pour les banques centrales

Pour aller un peu plus loin, n’oublions pas que les banques centrales souhaitent créer leurs propres monnaies virtuelles. En Europe, un e-Euro pourrait apparaître d’ici à quelques années. D’ailleurs, c’est d’ores et déjà le cas en Chine qui réalise actuellement quelques tests sur une monnaie virtuelle dans certaines régions du pays. Bref, quoi qu’il en soit, le Bitcoin se présente comme un véritable concurrent à ces futures monnaies. Disons-le, c’est quelque chose d’assez inédit dans notre histoire récente.

Enfin, la perte de contrôle sur le système des monnaies inquiète les banques centrales également. En effet, si le Bitcoin est plus utilisé que les futurs e-euros ou e-yuan, les banques n’auront plus le contrôle sur les transactions : tout passera par la blockchain mise en place par la crypto-monnaie.

Bref, au-delà de la spéculation, le Bitcoin change actuellement l’ordre mondial des monnaies. Tous les indicateurs sont, à ce jour, au vert. Il est certain que la spéculation est bien présente dans l’utilisation de cette monnaie. Cependant, la grande différence avec les tulipes d’Hollande, c’est qu’il n’y aura qu’un nombre limité de bitcoins. Et cela a été annoncé par son créateur depuis le lancement de la crypto-monnaie.

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À propos de l’auteur, Monsieur Ripple

Monsieur Ripple a parfois des problèmes avec la SEC, ce qui en fait un expert en litiges crypto. Il est notre expert juridique et est notre plus grand défenseur des droits des utilisateurs de crypto dans le monde.