Sa chute de la Silicon Valley Bank : comment éviter un effet domino dévastateur ?

La faillite soudaine et surprise de la Silicon Valley Bank (SVB) a provoqué une vive inquiétude sur les . La américaine était depuis longtemps le fournisseur préféré des start-up, mais sa crise de liquidité a entraîné jeudi et vendredi dernier une turbulence boursière considérable.

Plus tard dans la nuit, c'est le marché des cryptos qui a été secoué lorsque , propriétaire de l', a annoncé que 3 milliards de dollars sur 40 milliards constitutifs de ses réserves étaient bloqués dans la SVB. C'est donc avec anxiété que nous attendons ce qui va se passer lundi à la réouverture des places financières. Faut-il alors craindre un effet domino ?

Une « contagion » du cygne noir ?

Sur les marchés, les rumeurs vont bon train concernant la possibilité d'un « effet domino » suite à la faillite de la SVB. Certains y voient déjà un « cygne noir » – expression popularisée par l'économiste pour désigner un événement rare et fortement imprévisible – à l'instar de la crise Lehman Brothers en 2008 qui avait conduit à une vaste vague de défaillances et de restructurations bancaires. Les inquiétudes sont d'autant plus grandes que les banques, fragilisées par l'envolée des taux courts décidée par les banques centrales, ont consenti depuis le début de la pandémie Covid-19 des prêts risqués à taux pratiquement nuls, leur offrant ainsi une rentabilité très limitée.

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Un scénario très improbable

Il est vrai qu'une crise systémique est toujours possible, et que les effets de contagion ne doivent pas être sous-estimés. Cependant, les autorités monétaires, fiscalistes et prudentialistes ont appris les leçons du passé et ont mis en place des outils pour garantir un maintien des activités bancaires, et ce malgré une situation de crise encore plus intense que celle de 2008. De plus, la reprise économique et le normalisation progressive de la devrait assurer aux banques des marges de manœuvre suffisantes pour éviter une remise en cause structurelle du secteur. Il paraît donc très peu probable que la faillite de la SVB entraîne une contagion et pose un problème systémique autrement grave que celui représenté par elle-même.

La fin d'un modèle ?

Tandis que les spéculateurs tentent d'anticiper le pire et font leur beurre sur la volatilité des cours, les dirigeants des grandes banques s'inquiètent de l'impact de la SVB sur leurs affaires. En effet, certains y voient la preuve que le modèle des banques “challengers”, né ès la crise financière de 2008, est voué à l'échec et ne connaîtra pas le succès escompté. Comme le soulignait le Financial Times dans son édition du 14 juillet 2021 : « les startups bancaires du 21e siècle sont aujourd'hui confrontées à un dilemme cruel : comment concilier le développement rapide et la croissance tant souhaitée avec la stabilité et la solidité financière qui sont indispensables à la survie à long terme d'une banque ? ». Une question dont on attend désormais les réponses, car sans stabilité du système, pas de confiance des consommateurs.

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Rétablir la confiance

Ici comme ailleurs, la confiance demeure le fondement de toute relation commerciale ; or, les scandales et dysfonctionnements récurrents des services bancaires modernes tendent à fragiliser cette relation, au profit d'alternatives numériques ou d'acteurs tels que Square, PayPal, ou . Pour espérer retrouver une relation saine et durable avec leurs clients, les banques traditionnelles devront donc trouver les moyens de restaurer leur crédibilité, notamment en adoptant des normes plus strictes, des procédures de contrôle optimisées et des technologies plus avancées. Et celles-ci devront être appliqués rapidement, tout en tenant compte des besoins des clients, afin d'assurer la stabilité et la sécurité du système financier mondial. Sans quoi, un nouveau cycle de crises extrêmes pourrait bien se produire dès 2023.

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