La BCE suggère de limiter l’accès à l’euro numérique pour protéger les banques

Un groupe d’économistes évaluant les effets potentiels d’un euro numérique a insisté sur la nécessité de limiter l’accès à la future monnaie pour préserver le système financier actuel. Leur étude fait suite à une proposition antérieure visant à limiter les dépôts en euros numériques à la Banque centrale européenne (BCE) à 3 000 euros par personne.

La disponibilité limitée de l’euro numérique devrait empêcher qu’il ne devienne trop populaire

Selon un rapport publié par la Banque centrale européenne, l’accès des Européens à l’euro numérique devrait être limité afin d’éviter une fuite des capitaux des dépôts dans les banques commerciales. Le document a été produit par une équipe d’experts dirigée par Frank Smets, qui dirige la direction générale de l’économie du régulateur.

Les économistes ont tenté de prédire l’impact d’une monnaie numérique de banque centrale (CBDC) sur le secteur bancaire européen. En l’absence de données empiriques, ils ont pris en compte les réactions du public aux nouvelles concernant les projets de la BCE d’émettre une version numérique de la monnaie européenne commune.

Dans le cadre de leur étude, qui a été publiée jeudi par l’autorité monétaire, les auteurs concluent que le montant optimal d’euros numériques en circulation devrait se situer entre 15 % et 45 % du produit intérieur brut réel trimestriel de la zone euro (PIB réel), c’est-à-dire la production corrigée de l’inflation de son économie.

Ce calcul fait suite à une suggestion antérieure selon laquelle les comptes en monnaie numérique de banque centrale devraient être plafonnés à 3 000 euros par personne. Cette limite, proposée par Fabio Panetta, membre du conseil d’administration de la BCE, afin de garantir qu’il y ait suffisamment de monnaie fiduciaire pour soutenir les prêts, se situe approximativement au milieu de la fourchette, à 34 %.

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Si la CBDC européenne devait être émise sans limitation de quantité, le montant de la monnaie numérique en circulation serait beaucoup plus important, pouvant atteindre 65 % du PIB réel trimestriel de la zone euro. Cela entraînerait, selon les chercheurs, des effets plus importants sur les évaluations et les prêts des banques.

Les économistes de la BCE ont partiellement fondé leur analyse sur les déclarations publiques des responsables européens concernant la conception de l’euro numérique. En juin, M. Panetta a déclaré que le maintien des avoirs totaux en euros numériques entre 1 et 1,5 trillion d’euros permettrait d’éviter les effets négatifs potentiels sur le système financier et la politique monétaire de l’Europe.

Il a également noté que ce total serait comparable aux avoirs actuels en billets de banque en circulation. La population des pays de la zone euro étant actuellement d’environ 340 millions d’habitants, cela permettrait de détenir entre 3 000 et 4 000 euros numériques par habitant.

À la mi-juillet, la responsable de la BCE et présidente de la banque, Christine Lagarde, a fait remarquer dans un article que la phase d’investigation du projet CBDC prendra au moins une année supplémentaire, mais a également marqué certains principes clés de sa réalisation qu’elle considère déjà clairs.

Une large acceptation, la facilité d’utilisation, de faibles coûts, des vitesses de transaction élevées, la sécurité et la protection des consommateurs sont les attributs que les utilisateurs apprécieraient, ont déclaré les deux banquiers, promettant que l’euro numérique sera un outil de paiement plus efficace que les crypto-monnaies.

À propos de l’auteur, Miss Solana

Miss Solana est fan de Defi et de métavers, tout comme Miss Ethereum qu'elle espère bien un jour dépasser. Dynamique et pleine d'idées, elle cherche en permanence à moderniser la vision de la blockchain