L’écosystème Ethereum connaît une ébullition majeure en ce mois de février 2026. La symbiose parfaite entre la blockchain mère et ses solutions de mise à l’échelle (Layer 2) se fissure.
Une confrontation idéologique remplace le consensus habituel. Vitalik Buterin, co-fondateur d’Ethereum, déclare que la vision originale de la roadmap est désormais « caduque ». Cette sortie provoque une onde de choc immédiate. Des acteurs majeurs comme Arbitrum et Base réagissent fermement, avec l’utilité pour RWA et DeFI. Analyse d’un changement de cap qui redéfinit l’avenir du réseau.
La fin du « Tout Rollup » pour Ethereum ?
Vitalik Buterin marque l’histoire de la crypto avec cette déclaration. Il affirme sans détour que la stratégie « rollup-centric » (centrée sur les rollups) ne fait plus sens aujourd’hui. Le réseau avait adopté cette stratégie en 2020.
Vitalik Buterin juge la stratégie obsolète
Les solutions de seconde couche (L2) peinent à atteindre le « Stage 2 » de décentralisation complète. La plupart restent contrôlées par des mécanismes de sécurité centralisés (multisigs). Vitalik Buterin juge cette situation inacceptable. Il considère que ces réseaux ne « mettent pas vraiment à l’échelle Ethereum » dans leur état actuel. Ils agissent plutôt comme des serveurs glorifiés selon lui :
Il y a eu récemment plusieurs discussions sur le rôle continu des solutions de seconde couche (L2) dans l’écosystème Ethereum, surtout à la lumière de deux constats :
- Les progrès des L2 vers l’étape 2 (et, secondairement, en matière d’interopérabilité) ont été beaucoup plus lents et complexes que prévu.
- La couche 1 (L1) elle-même se développe : les frais sont très faibles, et les limites de gaz devraient fortement augmenter en 2026.
Ces deux réalités, chacune pour ses propres raisons, signifient que la vision initiale du rôle des L2 dans Ethereum n’a plus vraiment de sens. Il est donc nécessaire de définir une nouvelle voie.
Les L2 trop lents à se décentraliser
La couche principale d’Ethereum est devenue plus efficace contre toute attente. Les frais de transaction ont baissé. Les limites de gaz augmenteront en 2026. Le besoin vital de passer par un L2 pour de simples transferts s’estompe. Buterin estime que l’avenir n’est plus aux L2 qui se contentent d’être des « Ethereum moins chers ». Il appelle à une évolution vers des réseaux spécialisés dans la confidentialité ou la vitesse extrême.
La riposte des acteurs majeurs du Layer 2
La réaction des développeurs révèle une fracture dans la vision de l’avenir d’Ethereum. Ils défendent leur modèle économique et technique.
Arbitrum avertit d’un risque de fuite institutionnelle
Steven Goldfeder, co-fondateur d’Offchain Labs (derrière Arbitrum), prend une position ferme. Il qualifie d’erreur stratégique le fait d’ignorer le rôle de mise à l’échelle des L2. Arbitrum et Base traitent plus de 1 000 transactions par seconde lors des pics d’activité. Le Layer 1 ne peut toujours pas absorber ce volume seul. Goldfeder lance un avertissement :
Arbitrum fait évoluer Ethereum de manière mutuellement bénéfique. Pendant ce temps, de nombreuses chaînes EVM ne parviennent même pas à surpasser Ethereum en termes de TPS quotidien moyen (transactions par seconde).
L’écosystème Arbitrum a atteint un produit viable pour le marché (PMF) et une large distribution grâce à la DeFi, aux fintechs, aux stablecoins, aux RWA (actifs du monde réel), aux contrats perpétuels, et bien plus, tout en étant une blockchain hautement performante.
Si Ethereum devient hostile aux rollups, les institutions lanceront simplement leurs propres réseaux Layer 1 concurrents
Base et StarkWare nuancent
Jesse Pollak de Base (Coinbase) adopte une approche plus nuancée. Il reconnaît la nécessité d’évolution pour les L2. Il cite l’abstraction de compte et l’expérience développeur comme nouveaux champs de bataille. Eli Ben-Sasson de StarkWare estime quant à lui que sa technologie (ZK-rollups) correspond déjà à la nouvelle vision de Vitalik Buterin.
Ethereum vers un nouvel équilibre technique
Ce débat marque un tournant décisif. Ethereum refuse désormais d’être simplement une couche de règlement pour des « boîtes noires » semi-centralisées.
Intégration des “native rollups” dans le protocole
Vitalik Buterin pousse pour l’intégration de « native rollups » directement dans le protocole. Cette manœuvre force les L2 à innover ou à disparaître. L’écosystème pourrait voir émerger une nouvelle classe de solutions hybrides.
Impact pour les investisseurs
La valeur pourrait se déplacer des L2 génériques vers ceux qui offrent une utilité unique. Les réseaux offrant une véritable décentralisation vérifiable tireront leur épingle du jeu en 2026.
Synthèse Ethereum : Le conflit de croissance
Ce mercredi 4 février 2026 redessine les lignes de force de la blockchain numéro deux.
- Le Visionnaire : Vitalik Buterin déclare la roadmap « rollup-centric » obsolète.
- Le Problème : Centralisation persistante des L2 et amélioration du L1.
- La Réaction : Arbitrum craint une fuite des capitaux institutionnels.
- L’Avenir : Recherche de spécialisation pour les réseaux secondaires.
Ethereum cherche son âme entre sécurité fondamentale et expansion infinie.
FAQ : Ethereum, Vitalik Buterin et les Layer 2
Vitalik Buterin estime que les Layer 2 (L2) sont trop lents à se décentraliser complètement. Ils dépendent encore trop de systèmes de sécurité centralisés (multisigs). Il pense aussi que le réseau principal Ethereum (Layer 1) est devenu suffisamment efficace pour gérer les transactions simples.
Steven Goldfeder d’Arbitrum avertit qu’Ethereum ne peut pas gérer seul les pics de trafic (1 000 transactions/seconde). Il craint que si Ethereum rejette les rollups, les grandes institutions créeront leurs propres blockchains concurrentes au lieu d’utiliser Ethereum.
Cela pourrait déplacer la valeur au sein de l’écosystème. Les L2 « génériques » pourraient perdre de l’intérêt au profit de ceux qui proposent des technologies uniques (confidentialité, vitesse extrême) ou une vraie décentralisation.
Non, mais elles doivent évoluer. Jesse Pollak de Base reconnaît qu’il faut offrir plus que des frais bas. L’accent se déplace vers l’expérience utilisateur et des fonctionnalités que le réseau principal ne peut pas offrir.
Ce contenu analyse des déclarations techniques et des visions stratégiques. Il ne constitue pas un conseil en investissement. Les crypto-actifs comme Ethereum sont volatils et comportent des risques de perte en capital.