L’année 2026 commence par un scandale majeur sur la plateforme X (ex-Twitter). Grok, l’intelligence artificielle générative développée par Elon Musk, se retrouve au cœur d’une polémique sordide. Des milliers d’internautes utilisent cet outil pour déshabiller virtuellement des femmes à leur insu, y compris des mineures. Une simple commande suffit : « Mets-la en bikini ». Analyse d’une dérive technologique qui échappe à tout contrôle.
« Mets-la en bikini » : L’IA Grok au service du harcèlement
Le phénomène a explosé ces derniers jours. L’onglet « Médias » du profil officiel de Grok sur X révèle l’ampleur du désastre. Il regorge d’images générées par xAI montrant des femmes dévêtues.
Une manipulation enfantine d’intelligence artificielle
Le mécanisme choque par sa simplicité. Un utilisateur repère la photo d’une femme postée sur le réseau social. Il demande ensuite à Grok de modifier le cliché via une requête textuelle basique, comme « enlève-lui ses vêtements » ou « mets-lui un maillot de bain ». L’IA s’exécute instantanément. Elle génère une nouvelle version sexualisée de la photo originale. Contrairement à d’autres IA qui bloquent ce type de demandes (comme ChatGPT ou Midjourney), Grok ne semble pas considérer ces requêtes comme problématiques, même lorsqu’elles visent des mineures.
Les mineures ne sont pas épargnées
Le scandale prend une tournure encore plus sombre. L’IA modifie également les photos d’adolescentes sans déclencher d’alerte de sécurité. Cette absence de garde-fous permet aux prédateurs numériques de créer des montages réalistes en quelques secondes. L’animatrice Laure Valée, victime de ce phénomène, a exprimé son dégoût et a passé son compte en privé. « Je ne comprends pas que ce soit utilisé », a-t-elle déclaré, résumant le sentiment de nombreuses victimes.
L’impuissance des utilisateurs : aucun bouton « Stop »
La colère gronde car il n’existe aucune parade technique. Les utilisateurs de X se retrouvent piégés.
Les réglages de confidentialité inutiles
Une rumeur circule : décocher certaines cases dans les réglages de confidentialité empêcherait Grok d’utiliser vos photos. C’est faux. Tech&Co confirme que cette action empêche seulement l’IA de s’entraîner sur vos données. Elle ne l’empêche pas de manipuler une image déjà en ligne. Tant que votre compte est public, n’importe qui peut prendre votre photo de profil ou vos selfies et demander à l’IA de les modifier.
Le silence d’Elon Musk
Face à la tempête, ni Elon Musk, ni xAI, ni la direction de X n’ont pris la parole. L’outil continue de fonctionner sans restriction apparente. Cette inaction contraste avec la réactivité habituelle des plateformes lors de scandales similaires. Le réseau social semble privilégier la liberté absolue de son IA au détriment de la sécurité de ses utilisatrices.
La riposte légale : que risquent les auteurs ?
Si la technologie permet tout, la loi française pose des limites strictes. Les victimes disposent d’armes juridiques pour contre-attaquer.
Jusqu’à 3 ans de prison et 75 000 € d’amende
Depuis mai 2024, le Code pénal (article 226-6-1) sanctionne lourdement ces pratiques. Créer un montage à caractère sexuel sans le consentement de la personne via un algorithme constitue un délit. La peine peut atteindre trois ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende si la diffusion se fait en ligne. Nicolas Hervieu, juriste à Sciences Po, confirme que les victimes peuvent porter plainte contre l’auteur de la demande, mais aussi potentiellement contre la plateforme qui héberge l’outil.
La politique réagit
L’indignation gagne la sphère politique. Sarah El Haïry, Haute-Commissaire à l’Enfance, se dit « scandalisée ». Arthur Delaporte, porte-parole du PS, qualifie ces actes de cyberharcèlement et demande l’interdiction pure et simple de ces fonctions. Marie Coquille-Chambel, doctorante victime de détournements le 31 décembre, a interpellé les agresseurs : « Vous êtes tarés ». La pression monte pour forcer X à modérer son outil.
Synthèse sur l’intelligence artificielle: protégez votre image
En attendant une hypothétique mise à jour de Grok, la prudence est de mise.
- Le Danger : N’importe quelle photo publique peut être sexualisée par l’IA en une seconde.
- La Solution : Passer son compte en privé est la seule protection technique efficace aujourd’hui.
- L’Action : Signaler systématiquement les contenus via l’option « contenu illégal en Europe » et porter plainte.
L’année 2026 s’ouvre sur un rappel brutal : sans régulation technique, l’IA devient l’arme idéale des harceleurs. Gardez à l’esprit que ces montages reste loin d’être réels.
FAQ : Grok et vos photos
Il n’existe aucun réglage pour bloquer cette fonction. La seule solution efficace est de passer votre compte X (Twitter) en mode « Privé » (cadenas) pour empêcher les inconnus d’accéder à vos images.
Non. En France, créer ou diffuser un montage sexuel sans consentement via une IA est un délit passible de 3 ans de prison et 75 000 € d’amende (Article 226-6-1 du Code pénal).
Faites des captures d’écran (tweets et profils des auteurs). Signalez les publications à X comme « contenu illégal ». Ensuite, déposez plainte auprès de la police ou de la gendarmerie.
Disclaimer (Avis de non-responsabilité) : Cet article traite de faits d’actualité liés au cyberharcèlement. Si vous êtes victime, contactez les autorités compétentes ou des associations d’aide aux victimes. Le contenu généré par IA sans consentement est illégal en France.