Les banques américaines et les leaders de la crypto sont engagés dans un bras de fer décisif à la Maison Blanche. Au cœur du débat : l’interdiction pour les stablecoins de générer du rendement (yield). Alors que la date butoir du 1er mars approche, les positions semblent s’assouplir légèrement. Stuart Alderoty de Ripple évoque même un « compromis dans l’air ». Analyse des enjeux de cette régulation qui pourrait redéfinir l’épargne numérique aux États-Unis.
Stablecoins : banques américaines contre industrie crypto
La réunion à huis clos a opposé les poids lourds de la finance traditionnelle (JPMorgan, Goldman Sachs) aux leaders de l’industrie crypto (Coinbase, Ripple, Paxos).
La position des Banques sur les stablecoins
Les banques ont présenté un document formel exigeant une interdiction stricte des rendements sur les stablecoins de paiement. Leur argument est que si les stablecoins offrent des intérêts, ils risquent de drainer les dépôts bancaires. Ces conséquences menaceraient ainsi la capacité des banques à prêter aux ménages et aux entreprises.
« aucune personne ne peut fournir une quelconque forme de contrepartie financière » aux détenteurs de stablecoins.
La demande de la Crypto : exemptions pour les récompenses
Les entreprises crypto plaident pour des exemptions, notamment pour les « activités permises ». Elles soutiennent que les récompenses basées sur les transactions ou la fidélité ne sont pas équivalentes aux intérêts bancaires et sont cruciales pour l’innovation. Elles craignent qu’une interdiction totale ne freine l’adoption des paiements numériques.
Un compromis possible : la Maison Blanche pousse à l’accord des stablecoins
Malgré les divergences, le ton a changé. Les participants décrivent les discussions comme « productives » et plus ciblées que lors des sessions précédentes.
La concession bancaire : inclusion d’“exemptions proposées” dans le texte
Un point clé a émergé : les banques ont accepté d’inclure la phrase « toute exemption proposée » dans leur document. C’est un changement notable, car elles refusaient auparavant toute discussion sur des exceptions. Cela ouvre la porte à des rendements limités, strictement encadrés pour ne pas concurrencer les dépôts.
L’urgence du 1er mars : une pression politique pour finaliser la régulation
La Maison Blanche met la pression. Les négociateurs ont jusqu’au 1er mars pour trouver un accord. L’administration souhaite régler cette question fondamentale avant de légiférer plus largement sur la structure du marché crypto.
Les règles du jeu : un cadre strict pour éviter la concurrence avec les dépôts bancaires
Le cadre proposé par les banques est strict et vise à empêcher tout contournement.
Interdictions marketing : impossible de présenter les stablecoins comme produits d’épargne
Les firmes crypto ne pourraient plus commercialiser leurs stablecoins comme des produits d’épargne ou sans risque. Il serait interdit de comparer les rendements stablecoins aux intérêts bancaires assurés par la FDIC.
Surveillance à long terme : une étude obligatoire deux ans après l’adoption
Le compromis inclurait une étude obligatoire deux ans après l’adoption de la loi. Les régulateurs devront évaluer l’impact des stablecoins sur les dépôts assurés et le système de crédit. Si des risques matériels sont identifiés, de nouvelles règles plus strictes pourraient être imposées.
Synthèse Stablecoins: l’avenir du crypto-dollar se joue maintenant
Ce débat dépasse la simple régulation technique. Il s’agit de définir si le dollar numérique (crypto) restera un simple outil de transaction ou s’il pourra évoluer vers un produit d’épargne concurrent des banques. Le compromis qui se dessine semble s’orienter vers des stablecoins transactionnels, avec des récompenses limitées, protégeant ainsi le monopole bancaire sur les dépôts rémunérés. Pour l’industrie crypto, c’est peut-être le prix à payer pour obtenir enfin une clarté réglementaire et une légitimité institutionnelle aux États-Unis.
FAQ : Crypto, Banques et Stablecoins
Les banques craignent que si les stablecoins (crypto-dollars) offrent des intérêts élevés, les clients retirent leur argent des comptes bancaires traditionnels pour le placer en crypto. Cela réduirait les liquidités des banques pour accorder des prêts.
C’est une cryptomonnaie dont la valeur est indexée sur une monnaie fiduciaire (comme le dollar) et qui est utilisée principalement pour effectuer des transactions, et non pour la spéculation.
Les banques pourraient accepter certaines « exemptions limitées » permettant aux stablecoins d’offrir des récompenses (comme des points de fidélité ou des incitations transactionnelles), à condition que cela ne ressemble pas à un compte d’épargne bancaire.
La Maison Blanche a fixé une date limite au 1er mars pour que les représentants des banques et de l’industrie crypto parviennent à un accord sur ce sujet.
Disclaimer : Ce contenu analyse des négociations politiques et réglementaires en cours aux États-Unis. Il ne constitue pas un conseil juridique ou financier.