Le co-fondateur d’Ethereum reprend la parole ce lundi pour défendre l’essence de la décentralisation. Vitalik Buterin affirme que les stablecoins algorithmiques, s’ils sont bien conçus, constituent la « vraie DeFi ». Il rejette les modèles simplistes reposant sur des actifs centralisés. Cette intervention redéfinit les priorités pour l’avenir de la finance décentralisée face aux acteurs majeurs comme l’USDC.
La défense des Stablecoins collatéralisés par ETH
Vitalik Buterin recadre le débat sur l’utilité réelle de la DeFi. Il argumente que la structure du risque prime sur la simplicité.
Transfert du risque de contrepartie vers les market makers
Pour Buterin, un stablecoin algorithmique adossé à l’ETH offre un avantage crucial. Il déplace le risque de contrepartie du dollar vers les teneurs de marché. L’utilisateur final détient un actif stable sans dépendre d’une banque. Le market maker absorbe la volatilité en échange d’un rendement. Ce mécanisme libère l’utilisateur des faillites bancaires potentielles. Il a confirmé sur X :
Le modèle CDP : un pilier toujours valide de la finance décentralisée
Certains critiques jugent ces systèmes circulaires. Vitalik rejette cette vision. Il prend l’exemple des positions de dette collatéralisée (CDP). Même si la liquidité provient de détenteurs de CDP, le système fonctionne. Le fait de pouvoir « parier » contre le risque du dollar constitue une fonctionnalité majeure. C’est cette architecture qui définit la véritable finance décentralisée.
Ce que Vitalik ne considère PAS comme de la DeFi : l’attaque contre l’USDC
Le créateur d’Ethereum trace une ligne rouge claire. Il critique sévèrement les produits de rendement passifs basés sur des monnaies fiat.
Le piège du « Yield USDC »
Vitalik attaque frontalement les stratégies de rendement classiques. Il déclare :
mettre de l’USDC dans Aave » ne qualifie pas comme de la DeFi.
Ces produits conservent les risques de la finance traditionnelle. Ils n’améliorent pas les hypothèses de confiance. L’utilisateur reste dépendant de l’émetteur centralisé du stablecoin (Circle, dans ce cas).
Les RWA : un modèle viable uniquement sous conditions strictes
Les actifs du monde réel (RWA) peuvent fonctionner, mais sous conditions strictes. Vitalik appelle cela le « mode difficile ». Le stablecoin doit être sur-collatéralisé et extrêmement diversifié. La faillite d’un seul actif RWA ne doit pas effondrer le système. Si cette condition n’est pas remplie, le modèle échoue au test de la décentralisation.
Synthèse : Vitalik veut une DeFi indépendante du dollar
La vision de Vitalik Buterin pour l’avenir est ambitieuse.
- Priorité ETH : Le développement doit se concentrer d’abord sur les stablecoins garantis par l’ETH.
- Risque : La DeFi doit éliminer le risque de contrepartie centralisé, pas juste le masquer.
- Indépendance : L’objectif final est de s’éloigner du dollar comme unité de compte.
- Indice Diversifié : Le futur repose sur des indices diversifiés (CPI on-chain) plutôt que sur une monnaie fiat unique.
FAQ : Vitalik Buterin et les Stablecoins
Il estime qu’ils permettent de transférer le risque de contrepartie (faillite bancaire) de l’utilisateur vers des acteurs de marché volontaires, ce qui est l’essence de la DeFi.
C’est un token stable (comme le DAI à ses débuts) créé en verrouillant de l’Ethereum dans un contrat intelligent. Si l’ETH baisse, le protocole gère la dette automatiquement sans intervention humaine centralisée.
L’USDC est émis par une entreprise centralisée. Si cette entreprise gèle les fonds ou fait faillite, l’utilisateur perd tout, même si le token est utilisé dans un protocole décentralisé comme Aave.
Il préconise de s’éloigner du dollar américain pour créer des « indices diversifiés » qui protègent le pouvoir d’achat sans dépendre d’une seule monnaie étatique.
Disclaimer : Ce contenu rapporte les opinions de Vitalik Buterin et analyse des concepts techniques. Il ne constitue pas un conseil en investissement. Les stablecoins algorithmiques comportent des risques de depeg importants.