Le Canada redéfinit sa place sur l’échiquier mondial ce samedi 17 janvier 2026. Le Premier ministre Mark Carney opère un virage diplomatique et commercial spectaculaire d’après la BBC. Ottawa a conclu un accord majeur avec Pékin, brisant ainsi son alignement strict avec Washington. Ce pacte échange une ouverture du marché automobile canadien contre un accès facilité pour les agriculteurs des Prairies. Carney justifie ce choix par le besoin de « prévisibilité » face à une administration Trump volatile.
Ottawa réduit les tarifs sur les véhicules électriques chinois pour sauver son agriculture
Le cœur de l’accord repose sur un compromis. Sacrifier une protection tarifaire industrielle pour sauver les exportations agricoles.
Une baisse drastique des taxes sur les voitures électriques chinoises
Le Canada accepte d’ouvrir ses portes aux voitures électriques (VÉ) chinoises. Le gouvernement Carney abaisse les droits de douane de 100 % à seulement 6,1 %. Cette réduction s’applique à un quota initial de 49 000 véhicules par an. Le Premier ministre précise que ce chiffre pourrait grimper à 70 000 unités d’ici cinq ans.
La Chine lève les sanctions sur le canola et le homard
En contrepartie, Pékin relâche la pression sur les producteurs canadiens. La Chine réduira les tarifs sur les graines de canola canadien de 84 % à environ 15 % dès le 1er mars. L’accord élimine aussi les barrières douanières sur le tourteau de canola, le homard, le crabe et les pois jusqu’à la fin de l’année. Pékin promet également de supprimer les exigences de visa pour les visiteurs canadiens.
Mark Carney assume le « réalisme » face à l’imprévisibilité américaine
Le Premier ministre canadien ne cache pas ses motivations. Il s’agit d’une réponse directe à l’instabilité de son voisin du sud.
« Nous prenons le monde tel qu’il est »
Mark Carney défend une approche pragmatique.
« Nous prenons le monde tel qu’il est, pas tel que nous voudrions qu’il soit »
, déclare-t-il. Il affirme que la relation avec la Chine offre désormais plus de « prévisibilité » que celle avec les États-Unis sous Donald Trump. Il décrit ce mouvement comme un « recalibrage stratégique ».
Le Canada refuse d’attendre Washington
Les analystes valident cette lecture. Eric Miller, conseiller commercial, estime que le Canada affirme son autonomie. Ottawa refuse de « simplement s’asseoir et attendre les États-Unis ». Face au risque de se retrouver sans accord commercial fonctionnel avec les USA en 2026, le Canada diversifie ses alliances.
Une fracture domestique au Canada : L’Ouest jubile, l’Ontario s’inquiète
L’accord divise profondément le pays. Les intérêts des provinces de l’Ouest s’opposent frontalement à ceux du cœur industriel de l’Ontario.
Les agriculteurs de Saskatchewan respirent
Scott Moe, Premier ministre de la Saskatchewan, qualifie l’annonce de « très bonne nouvelle ». Les fermiers de sa province souffraient énormément des tarifs de représailles chinois sur l’huile de canola. Cet accord leur offre une bouffée d’oxygène vitale.
L’industrie automobile de l’Ontario craint le pire
À l’inverse, Doug Ford, Premier ministre de l’Ontario, attaque violemment le pacte. Il affirme que la suppression des tarifs sur les voitures électriques « blessera notre économie et entraînera des pertes d’emplois ». Selon lui, le gouvernement Carney invite « une inondation de véhicules électriques bon marché » sans garantir d’investissements réciproques.
Les constructeurs chinois prêts à prendre 10 % du marché
Les experts confirment les craintes de Ford. Vivek Astvansh, professeur à McGill, prévoit que les constructeurs chinois capteront rapidement 10 % des ventes de VÉ au Canada. Cette concurrence accrue mettra la pression sur les fabricants américains comme Tesla qui cherchaient à étendre leur part de marché au nord de la frontière.
Donald Trump surprend et valide l’accord canadien
La réaction de la Maison Blanche déroute les observateurs. Le président américain contredit ses propres conseillers.
Trump : « C’est une bonne chose »
Contre toute attente, Donald Trump a salué l’initiative canadienne.
« Si vous pouvez obtenir un accord avec la Chine, vous devriez le faire »
, a-t-il lancé aux journalistes. Il se montre même ouvert à l’implantation d’usines chinoises aux États-Unis si cela crée des emplois.
Washington reste divisé sur la question
Cette position tranche avec celle de ses officiels. Jamieson Greer, représentant américain au commerce, qualifie l’accord de « problématique » et prévient que le Canada pourrait le regretter. Trump, lui, prépare sa propre rencontre avec Xi Jinping en avril, ce qui explique peut-être sa clémence envers Ottawa.
L’avenir de l’ALENA (USMCA) en suspens
Ce rapprochement sino-canadien intervient dans un contexte de tension extrême sur le commerce nord-américain.
L’incertitude pèse sur la révision de l’accord
L’accord de libre-échange nord-américain (USMCA) subit actuellement une révision obligatoire. Trump a menacé de déchirer ce traité, le qualifiant d' »irrelevant ». Gal Raz, expert en chaîne d’approvisionnement, estime que les États-Unis ont « vraiment mis le Canada dans un coin », forçant Carney à chercher des débouchés ailleurs.
Une stratégie de survie pour Ottawa
Le Canada anticipe un futur sans filet de sécurité américain. En signant avec la Chine, Carney sous-entend que le Canada ne dépendra pas exclusivement des humeurs de Washington pour sa survie économique.
Synthèse : Le Canada joue son indépendance économique
- Le Deal : VÉ chinois contre Canola canadien.
- Le Chiffre : Tarifs VÉ réduits de 100 % à 6,1 %.
- La Motivation : L’imprévisibilité de Trump pousse Ottawa vers Pékin.
- Le Risque : Colère de l’industrie automobile ontarienne.
Mark Carney fait le pari que la diversification commerciale vaut le coût politique interne. Il choisit le réalisme économique face à l’idéalisme diplomatique.
FAQ : Comprendre l’accord Canada et Chine
Le Canada échange cet accès à son marché automobile contre la levée des sanctions chinoises sur ses produits agricoles (canola, homard). C’est un compromis pour aider les fermiers.
Si, il y a un an, il qualifiait la Chine de « plus grande menace de sécurité ». Aujourd’hui, il affirme que le monde a changé et qu’il faut agir avec pragmatisme face à la réalité économique.
De manière surprenante, Trump a approuvé l’accord, déclarant que c’est une « bonne chose » de signer des deals. Cela contredit certains de ses conseillers qui s’inquiètent.
Les consommateurs paieront probablement moins cher leurs voitures électriques et les agriculteurs pourront exporter plus facilement. Cependant, les travailleurs de l’automobile en Ontario craignent des pertes d’emplois.
La source de ce contenu provient de la bbc, au sujet des accords commerciaux et des déclarations politiques. Il ne constitue pas un conseil financier ou politique. Les relations internationales évoluent rapidement. Faites vos propres recherches.