Jadis étendards d’une contre-culture numérique, la crypto et la cryptomonnaie sont devenues les cibles d’une rafle institutionnelle sans précédent. BlackRock, Fidelity, Strategy, Wall Street… : ces baleines aux fonds milliardaires accumulent les actifs à une vitesse vertigineuse. Cette concentration massive de richesses en crypto ne menace pas seulement l’équilibre des marchés. Mais elle pourrait bien ébranler les fondements mêmes de nos démocraties et du contrat social. Analyse d’un basculement vers un techno-capitalisme radical. Le rêve libertaire des débuts est-il mort ? Une influence comme un président créant sa propre crypto avant d’être élu et on accepte le manque de régulation avec conflits d’intérêt ?
Le grand accaparement : quand les baleines de la crypto asphyxient le public
La stratégie est redoutable et invisible pour le grand public : c’est une guerre de l’offre en cryptomonnaie.
L’aspirateur à liquidités
Les nouveaux prédateurs financiers, via les ETF et les trésoreries d’entreprises, créent une raréfaction artificielle. En utilisant l’effet de levier de la dette pour acheter du Bitcoin, des entités comme Strategy intègrent la cryptomonnaie dans le bilan comptable mondial, verrouillant l’offre. Résultat : les actifs sont retirés des plateformes publiques pour dormir dans des coffres institutionnels, privant le citoyen lambda d’un accès direct et démocratique à cette nouvelle richesse.
La fin du contrat social : la cryptomonnaie comme refuge anti‑impôt
Derrière cette course à l’armement crypto se cache un pari cynique sur l’effondrement des monnaies d’État (Fiat).
L’individualisme comme religion ou nation ?
Pour ces acteurs, la crypto n’est plus un outil d’échange, mais un refuge pour échapper à l’impôt et à la solidarité nationale. Nous assistons à l’émergence d’un capitalisme radical où l’humain communautaire s’efface. Si les élites financières font sécession via la blockchain, les structures sociales financées par l’impôt (éducation, santé) risquent de s’effondrer faute de revenus, laissant les États coquilles vides.
Le crépuscule de l’urne : le “code” remplace le vote
C’est la menace la plus insidieuse : le transfert du pouvoir politique vers des mains non élues.
Gouvernance par le Capital
Dans la crypto, le pouvoir suit souvent la logique de la preuve d’enjeu (Proof of Stake). Simplement, plus vous possédez, plus vous décidez. C’est l’antithèse de la démocratie (une personne, une voix). Désormais, des PDG et des baleines financières prennent des décisions qui impactent l’économie mondiale sans aucune légitimité électorale. Le capitalisme de protocole rend le bulletin de vote obsolète face à la loi du code informatique et de l’argent.
L’impuissance (ou la complicité) des États face à l’OPA crypto
Pourquoi les banques centrales et les gouvernements laissent-ils faire cette OPA sur la souveraineté monétaire ?
Paralysie stratégique : interdiction impossible, compétition mondiale inévitable
L’interdiction est techniquement impossible face à la nature décentralisée de la blockchain. De plus, la théorie des jeux piège les nations : si un pays bannit la cryptomonnaie, il perd sa compétitivité face à ses voisins qui l’adoptent. Enfin, le lobbying intense des milliardaires de la crypto au cœur des parlements paralyse toute tentative de régulation stricte.
Synthèse cryptomonnaie : vers une civilisation gouvernée par les smart contracts ?
Le danger dépasse la simple spéculation financière. Nous sommes face à une restructuration civilisationnelle. En laissant les entreprises s’approprier la crypto et la cryptomonnaie, les nations risquent de signer leur arrêt de mort financier. Ce qui devait libérer l’individu devient l’outil d’une élite déconnectée, où la justice sociale est remplacée par l’exécution froide d’un algorithme et où la souveraineté appartient à celui qui détient la clé privée. L’État ne disparaîtra pas dans une explosion. Par contre, une lente dissolution dans le grand livre de compte des baleines de la finance.
FAQ : Crypto, Cryptomonnaie et Démocratie
Oui, selon cette analyse, car elle déplace le pouvoir décisionnel des citoyens (vote) vers les détenteurs de capitaux (preuve d’enjeu). Cela favorise une ploutocratie technologique.
Elles anticipent une inflation des monnaies traditionnelles et cherchent à contrôler l’offre de Bitcoin pour créer une rareté artificielle, intégrant ces actifs dans leurs bilans pour se protéger.
Si la richesse migre vers une économie crypto décentralisée et opaque, les États pourraient perdre leur capacité à prélever l’impôt, menaçant le financement des services publics (santé, éducation).
C’est techniquement très difficile, économiquement risqué (perte de compétitivité face aux autres pays) et politiquement bloqué par le lobbying intense du secteur.
Disclaimer : Ce contenu est une analyse critique et sociétale basée sur une opinion tranchée concernant l’évolution du marché crypto. Il ne constitue pas un conseil en investissement ni une prédiction politique absolue.