La guerre éclate entre la Silicon Valley et Sacramento. Tyler Winklevoss, cofondateur de l’échange Gemini, lance une attaque frontale contre le gouverneur de Californie, Gavin Newsom. En cause ? Une loi controversée qui permet à l’État de prendre le contrôle des comptes de cryptomonnaie inactifs. Alors que le milliardaire crie au « vol » de Bitcoin organisé par un « État failli », les experts juridiques nuancent la panique. Analyse d’un conflit idéologique sur la propriété numérique.
Cryptomonnaie : Tyler Winklevoss tire à balles réelles : « L’État veut nourrir sa machine à fric »
Le cofondateur de Gemini n’a pas pris de gants sur le réseau social X. Mercredi, il a accusé l’administration Newsom de vouloir « voler » le Bitcoin des résidents.
L’État de Californie, présenté comme en échec et dirigé par Gavin Newsom, serait tellement désespéré de financer son système qu’il chercherait à s’emparer du bitcoin détenu par les particuliers. Pour certains, la Californie serait arrivée à un point de non‑retour.
« Un État en faillite »
Pour Winklevoss, cette loi ne vise qu’une chose : renflouer les caisses de la Californie. Il décrit la manœuvre comme une tentative désespérée de nourrir une « machine à escroquerie » (money pit grift machine). Le magnat de la cryptomonnaie, basé à New York, voit dans cette mesure une atteinte directe aux droits des détenteurs à long terme (HODLers) qui ne touchent pas à leurs actifs pendant des années.
La loi en détail : 3 ans d’inactivité suffisent
Au-delà de la rhétorique enflammée, que dit réellement le texte de loi ?
La règle des 3 ans
La loi stipule que les « biens incorporels » détenus sur un compte de cryptomonnaie deviennent propriété de l’État si le détenteur ne manifeste aucun « acte de propriété » pendant trois ans.
Qu’est-ce qu’un acte de propriété ?
Pour éviter la saisie de vos Bitcoins, l’utilisateur doit simplement bouger. Cela inclut effectuer une transaction (achat, vente, dépôt, retrait) ou simplement se connecter électroniquement à son compte. Si vous oubliez vos accès ou laissez dormir vos fonds sur un échange centralisé sans vous y connecter pendant 36 mois, la Californie considère ces fonds comme abandonnés.
Saisie ou protection ? La nuance qui change tout
C’est ici que le débat devient technique. Des experts comme Maaria Bajwa et Dennis Porter contestent le terme de « vol » ou de « confiscation ».
Le principe de « déshérence », pas de confiscation
Maaria Bajwa, investisseuse providentielle, explique qu’il s’agit d’une procédure de « déshérence gardienne » (custodial escheat) et non d’une confiscation pure et simple. C’est le même mécanisme que l’État applique aux comptes bancaires oubliés ou aux actions non réclamées.
Vous pouvez récupérer votre argent
La loi impose aux plateformes crypto de notifier les propriétaires 6 à 12 mois avant le transfert à l’État. De plus, même si l’État liquide les actifs en monnaie fiduciaire après 18 ou 20 mois, le propriétaire légitime conserve le droit de réclamer la valeur de ses fonds à tout moment. L’argent n’est pas perdu, l’État le garde jusqu’à réclamation.
Synthèse cryptomonnaie : Panique justifiée ou incompréhension ?
Ce jeudi 8 janvier 2026 ravive le débat sur la garde des actifs numériques.
- L’Attaque : Winklevoss accuse la Californie de voler le Bitcoin pour combler ses dettes.
- La Loi : Transfert à l’État après 3 ans sans connexion ni transaction.
- La Réalité : C’est un mécanisme de fonds en déshérence, récupérables sur demande.
FAQ : La loi californienne sur la cryptomonnaie
Non, pas au sens strict. Si votre compte reste inactif 3 ans, l’État en prend la garde (déshérence). Vous pouvez réclamer les fonds (ou leur valeur en dollars) ultérieurement.
Il suffit d’effectuer un « acte de propriété » tous les 3 ans : connectez-vous à votre compte, faites un dépôt ou un retrait de Bitcoin.
Si l’État liquide vos actifs (généralement après 18-20 mois de garde), vous avez le droit de récupérer le montant de la vente en dollars en déposant une réclamation valide.
Disclaimer (avis de non-responsabilité) : Le contenu de cet article fournit des informations à titre indicatif sur l’actualité législative et ne constitue en aucun cas un conseil juridique ou financier. Les lois sur la propriété numérique évoluent. Consultez un professionnel pour vos questions fiscales.