Le co-fondateur d’Ethereum, Vitalik Buterin, lance un pavé dans la mare ce lundi 19 janvier 2026. Il appelle à une refonte totale des Organisations Autonomes Décentralisées (DAO). Selon lui, le modèle actuel se limite trop souvent à des « trésoreries contrôlées par le vote de jetons ». Cette structure simpliste échoue à corriger les défauts de la politique humaine traditionnelle. Buterin propose une nouvelle architecture pour gérer les infrastructures critiques comme les oracles et les tribunaux on-chain. Dossier complet sur cette vision qui pourrait transformer l’écosystème Ethereum.
Vitalik Buterin critique l’inefficacité des modèles actuels
Le créateur d’Ethereum ne mâche pas ses mots concernant l’état actuel de la gouvernance décentralisée. Il pointe des failles structurelles majeures :
Nous avons besoin de plus de DAO, mais de DAO différentes et meilleures.
Le piège de la « trésorerie à vote de jetons »
Dans un post publié ce lundi sur X, Vitalik Buterin dénonce le standard actuel des DAO. Il décrit ces entités comme de simples comptes bancaires gérés par des votes de détenteurs de jetons. Bien que largement copié, ce modèle reste « inefficace et vulnérable à la capture ».
Un échec face aux faiblesses humaines
L’objectif initial des DAO était de dépasser les limites des structures corporatives classiques. Pour Buterin, le modèle actuel « échoue totalement à atténuer les faiblesses de la politique humaine ». Le système reproduit les mêmes biais et jeux de pouvoir que les institutions centralisées, sans apporter la robustesse promise par la blockchain.
Des DAO pour gérer les oracles et les litiges on-chain
La critique laisse place à la proposition. Vitalik Buterin souhaite voir les DAO résoudre des problèmes d’infrastructure spécifiques et complexes.
Bien plus que de la finance : Oracles et Tribunaux
Les DAO doivent évoluer pour alimenter les infrastructures de base. Buterin cite explicitement les oracles (sources de données externes) et la résolution de litiges on-chain. Ces domaines nécessitent une gouvernance plus fine que la simple allocation de fonds.
Gérer les disputes subjectives et les registres
Le co-fondateur insiste sur le besoin de gérer des disputes subjectives, comme les résultats d’assurances. Il mentionne aussi la maintenance de listes partagées, tels que les registres anti-arnaques. Enfin, les DAO doivent assurer la survie des projets à long terme, même après la disparition des équipes fondatrices.
L’approche « Convexe vs Concave » pour adapter la gouvernance
Pour structurer sa pensée, Vitalik Buterin réutilise son concept de gouvernance « convexe contre concave ».
Les problèmes « Concaves » exigent le compromis
Pour les problèmes « concaves », le compromis vaut mieux qu’un simple pile ou face. Dans ce cas, les DAO doivent maximiser la robustesse en agrégeant les avis de nombreuses sources différentes. La décentralisation joue ici son rôle plein pour éviter les erreurs extrêmes.
Les problèmes « Convexes » nécessitent du leadership
À l’inverse, les problèmes « convexes » requièrent des paris décisifs. Ici, Buterin suggère de permettre un leadership fort. La décentralisation sert alors à tenir ces leaders responsables de leurs actes, plutôt qu’à remplacer totalement la prise de décision centralisée.
La confidentialité et l’IA comme outils de décision
La technologie doit soutenir cette nouvelle architecture pour éviter la fatigue et les manipulations sociales.
La confidentialité pour éviter le « jeu social »
Sans confidentialité, la gouvernance devient un « jeu social » où l’influence prime sur la raison. Buterin pointe vers les preuves à divulgation nulle de connaissance (Zero-Knowledge proofs) pour sécuriser le vote. Il évoque aussi le calcul multi-parties sécurisé pour protéger l’intégrité des décisions.
L’Intelligence Artificielle contre la fatigue décisionnelle
La participation constante épuise les utilisateurs. L’engagement chute souvent après l’enthousiasme initial. L’IA pourrait aider en soutenant l’analyse ou en permettant aux utilisateurs de déléguer leurs votes à des modèles contrôlés localement. Toutefois, Buterin met en garde : l’IA ne doit pas diriger la DAO.
Synthèse : Ethereum doit soigner sa couche de gouvernance
- Le Constat : Les DAO actuelles sont inefficaces et vulnérables.
- La Solution : Des structures dédiées aux oracles et à la justice on-chain.
- La Méthode : Adapter la gouvernance au type de problème (Convexe/Concave).
- Les Outils : ZK-proofs pour la confidentialité et IA pour l’aide à la décision.
Les projets qui conçoivent de nouveaux systèmes doivent traiter le design de la DAO comme « 50 % de leur travail », et non plus comme une tâche secondaire.
FAQ : Comprendre la vision de Vitalik Buterin sur les DAO
Pour lui, une DAO ne devrait pas être juste un compte commun géré par des votes. Elle doit être une structure capable de gérer des infrastructures complexes comme des tribunaux numériques ou des oracles de données.
Il estime que ce modèle est vulnérable à la corruption (« capture ») et inefficace. Il reproduit les défauts de la politique humaine au lieu de les corriger.
L’IA doit aider les votants à analyser les propositions ou à déléguer leurs choix pour éviter la fatigue. Cependant, Vitalik refuse que l’IA prenne les décisions finales seule.
C’est une approche pour des problèmes où la diversité des opinions et le compromis donnent de meilleurs résultats. La DAO doit alors agréger un maximum de sources différentes.
Cet article analyse des propositions techniques et philosophiques concernant la gouvernance blockchain. Il ne constitue pas un conseil en investissement. La participation à des DAO comporte des risques financiers et techniques.