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La révolution réglementaire de Pi Network : de « vaporware » à candidat MiCA en Europe

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Illustration de la conformité de Pi Network au règlement européen MiCA, montrant un smartphone avec le logo Pi devant le bâtiment de la Commission Européenne.

Le projet Pi Network, longtemps traité comme un « vaporware » (logiciel fantôme), franchit un rubicon majeur. L’application de minage mobile, sans listing ni reconnaissance juridique, a officiellement déposé son dossier de conformité. Il vise le règlement européen MiCA (Markets in Crypto-Assets Regulation).

Cette démarche marque une transition fondamentale. La crypto aux contours flous devient une candidate sérieuse. Elle veut opérer sur les marchés réglementés de l’Union Européenne (UE). L’équipe a publié le « whitepaper MiCA » le 19 novembre 2025. Elle a suivi avec des dates claires pour le lancement. La documentation officielle arrivera le 27 novembre. Le « trading » (échange) débutera le 28 novembre. Cette temporalité réelle et ce pivot réglementaire contrastent radicalement avec sept années de développement en vase clos.

Une conformité totale : au-delà du simple token

Cette démarche se distingue de la simple documentation de « compliance ». Le livre blanc MiCA de Pi Network révèle une architecture d’identité numérique. Cette architecture est entièrement conforme aux standards européens. Elle s’aligne sur les exigences d’eIDAS 2.0. C’est le cadre qui gouverne l’identité numérique vérifiée (le futur « EUDI Wallet »). Il régit aussi l’authentification transfrontalière en Europe.

L’ADN de la régulation : KYC et RGPD

La structure KYC (Know Your Customer) du projet met en avant la vérification portable. Elle assure le stockage chiffré des identifiants. Elle propose une validation multi-couches. Surtout, elle garantit une gestion des données conforme au RGPD (Règlement Général sur la Protection des Données).

Il faut bien reconnaître que ces éléments positionnent Pi bien au-delà d’une simple cryptomonnaie. Ils en font une couche applicative. Une infrastructure prête pour le commerce numérique réglementé européen. Pendant des années, la communauté a critiqué la lenteur du processus KYC. Aujourd’hui, cette lenteur s’avère être un atout stratégique. Pi Network a construit sa base d’utilisateurs en intégrant les contraintes réglementaires dès le départ.

Une structure juridique claire pour la régulation

Pi Network a également clarifié sa gouvernance. C’est une exigence fondamentale de MiCA. L’entreprise SocialChain gère l’application mobile et l’interface utilisateur. L’entité PiBit Ltd assume la responsabilité juridique face aux régulateurs.

MiCA exige cette distinction cruciale. Elle permet d’identifier précisément qui répond de la protection des investisseurs européens. Malgré ce cadre formel, le système reste « non-custodial » (sans garde). Le Pi Wallet conserve le contrôle total des clés privées de l’utilisateur. Il respecte le principe fondamental de la crypto : « pas vos clés, pas vos coins ». Il se conforme en même temps aux exigences d’auto-conservation de MiCA.

La réaction immédiate du marché : +10% en 24h

Le marché a réagi rapidement à cette cristallisation réglementaire. Entre le 19 et le 21 novembre 2025, le token PI a gagné entre 8,9% et 13%. (Il s’échange encore sur des marchés « IOU » ou de gré à gré, qui représentent des promesses de tokens, pas le token réel). Son volume d’échanges a doublé.

Le prix approchait les 0,24 dollars (environ 0,2057 euros). Sa capitalisation boursière (théorique) dépasse les 2 milliards de dollars. Son volume sur 24 heures atteint 31 millions de dollars. Cette hausse reste modeste. Elle est incomparable avec les bulles spéculatives des memecoins (comme $PNUT à +2200%).

Néanmoins, ce mouvement reflète un changement profond de perception. C’est une réaction institutionnelle. Pi passe du statut de « projet miné sur téléphone flou » à celui de prétendant sérieux. Il vise les marchés réglementés européens. Le marché ne voit plus Pi comme un jouet, mais comme un futur actif conforme.

L’écosystème se consolide : 770 000 migrations quotidiennes

Parallèlement à la conformité, l’infrastructure du réseau s’accélère concrètement. Entre le 17 et le 18 novembre, le réseau a atteint un pic historique. Il a enregistré 770 000 migrations quotidiennes vers le Mainnet (réseau principal).

Ce chiffre porte le total des tokens migrés à près de 8,3 milliards de PI. Cette accélération n’indique pas une spéculation superficielle. Elle montre une montée en puissance réelle de l’écosystème. Des millions d’utilisateurs (les « Pionniers ») complètent leur vérification KYC. Ils déverrouillent leurs balances minées. Ils préparent la transition du réseau. Le « jeu de minage fermé » devient une blockchain réelle et « tradable » (échangeable).

Ces migrations massives reflètent aussi la résolution du goulot d’étranglement KYC. Pi Network impose une vérification d’identité stricte avant la migration. C’est une pratique rare dans la crypto. Elle a ralenti le projet pendant des années. Mais aujourd’hui, elle garantit l’authenticité des utilisateurs. Elle pose les fondations pour un listing conforme. L’équipe prépare simultanément une mise à niveau (v24.1.0) du protocole. Elle se centre sur la stabilité et le débit pour accueillir un afflux d’utilisateurs.

L’IA et le DePIN : une deuxième couche d’utilité

Pi Network ne s’arrête pas à la régulation. Le projet se positionne sur le narratif le plus puissant de 2026 : l’Intelligence Artificielle (IA) et le DePIN (Réseaux d’Infrastructure Physique Décentralisée).

En octobre 2025, Pi Network Ventures a investi dans OpenMind. C’est une entreprise qui développe des technologies d’IA et de robotique. Cette alliance stratégique ouvre la voie à une utilisation des millions de nœuds Pi. Ils serviront de ressource de calcul décentralisée. Ils pourront exécuter des modèles d’IA à grande échelle.

L’intégration d’outils d’IA dans l’App Studio du projet crée un écosystème unique. Le réseau Pi devient non seulement une cryptomonnaie. Il devient un supercalculateur communautaire décentralisé. Il fusionne blockchain, IA et robotique dans une même infrastructure.

L’argument environnemental (ESG)

Un dernier argument sépare Pi de la majorité des cryptomonnaies. Son empreinte énergétique est extrêmement réduite. Le « whitepaper MiCA » cite une consommation d’environ 0,0024 TWh/an.

Cela représente 99,9% de moins que le Bitcoin. Le réseau Bitcoin (Proof-of-Work) consomme entre 110 et 160 TWh/an. Dans un contexte réglementaire européen où l’enjeu climatique (ESG) est central, cet avantage technologique devient un argument de conformité structurel. Ce n’est pas du « greenwashing » cosmétique.

Le test de la liquidité : la théorie MiCA rencontre la réalité

Malgré ces avancées fondamentales, le véritable test reste à venir. Les puristes du marché le souligneront. La publication d’un « whitepaper » conforme et l’annonce de dates ne garantissent pas la liquidité réelle.

Le 28 novembre 2025 marquera le début du « trading ». Il se fera sur des plateformes licenciées opérant depuis Malte (principalement OKX Europe). L’ampleur de cette liquidité et la profondeur des carnets d’ordres restent inconnues.

Les sceptiques rappellent aussi que Pi a déjà fait ses débuts sur des marchés semi-régulés. En août 2024, un listing sur la plateforme suédoise Spotlight avait marqué une première étape. Mais ce listing s’est fait sur un volume limité. Il n’avait aucune visibilité institutionnelle. Ce lancement européen de novembre 2025 se démarque. Il s’inscrit dans un cadre MiCA complet. Il a l’ambition d’intégrer les futurs portefeuilles d’identité numérique de l’UE (EUDI Wallet).

Conclusion : Pi résout-il l’énigme de la « crypto mobile régulée » ?

Tout bien considéré, Pi Network ne cherche plus à séduire les spéculateurs « degen ». Il n’offre pas une promesse de disruption rapide. Le projet adopte la stratégie inverse. Il accepte la régulation européenne (MiCA), et construit une architecture d’identité conforme à eIDAS 2.0. Il démontre une scalabilité réelle (770k migrations/jour), mais il crée une utilité tangible via l’IA décentralisée (DePIN).

En définitive, cette mutation stratégique transforme Pi. Le projet n’est plus ce « projet gris » dont personne ne savait s’il s’agissait d’une arnaque. Il devient un candidat sérieux. Il pourrait devenir la première cryptomonnaie mobile réellement régulée en Europe.

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Ecrit par
Natalia Savas

Je m'appelle Natalia et je suis rédactrice sur Actu Crypto .info. Je suis une fan des crypto-monnaies et je suis passionnée par le monde de la technologie et de la finance. Depuis que j'ai découvert le monde des crypto-monnaies, j'ai été fascinée par le potentiel qu'elles offrent aux utilisateurs et j'ai décidé de me spécialiser dans le domaine.

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