Danske Bank, la plus grande institution financière du Danemark, vient d’ouvrir ses portes à l’investissement en crypto-actifs. Pour la première fois, ses clients peuvent accéder au Bitcoin et à l’Ethereum directement via leur application bancaire. Cependant, cette avancée institutionnelle majeure survient dans un contexte flou. Et pourtant le pays débat toujours d’une taxe controversée de 42 % sur les gains non réalisés. Analyse de ce paradoxe danois.
Danske Bank adopte les ETPs Crypto
L’institution historique a franchi le pas. Elle permet désormais à ses clients de s’exposer aux deux principales cryptomonnaies via ses services mobiles et eBanking.
Un accès simplifié sans portefeuille
L’offre ne concerne pas l’achat direct de jetons, mais l’investissement via des ETP (Exchange Traded Products).
- Avantage : Les investisseurs n’ont pas besoin de gérer un portefeuille crypto (wallet) ni de clés privées. Cela évite ainsi les risques techniques et sécuritaires associés.
- Cible : Le produit s’adresse aux clients utilisant la plateforme de trading de la banque, en mode « execution-only » (sans conseil en investissement).
Répondre à la demande
Il est toujours important pour nous que nos clients puissent investir de manière correcte et appropriée. Pour les clients souhaitant investir dans les cryptomonnaies, nous considérons les ETP comme une solution adaptée, offrant des avantages clairs par rapport aux investissements directs dans les cryptomonnaies.
Kerstin Lysholm est responsable des produits d’investissement chez Danske Bank. Selon elle, cette décision répond à une demande croissante des clients souhaitant diversifier leur portefeuille. Elle cite une forte demande de diversification de la part des clients. La régulation actuelle rassure également la banque sur ce lancement.
La menace fiscale danoise : où en est la taxe sur les gains latents ?
Une incertitude fiscale majeure inquiète pourtant les investisseurs au Danemark.
Le projet de 2024
En octobre 2024, le Conseil de droit fiscal danois avait recommandé un changement radical. Taxer les crypto-actifs selon le principe de « l’inventaire » (mark-to-market). Cela impliquerait une taxe annuelle allant jusqu’à 42 % sur les gains. Peu importe qu’ils soient réalisés (vendus) ou non réalisés (simplement détenus).
Février 2026 : Toujours pas de loi
Contrairement aux rumeurs, cette taxe n’est pas encore en vigueur. En date de février 2026, Cette taxe n’existe pas encore officiellement. L’agence fiscale danoise et le ministère de la Fiscalité confirme l’absence de décision finale. Le régime fiscal actuel reste donc concentré sur les événements réalisés (vente), bien que l’intention législative persiste.
Les risques du projet au Danemark
Les critiques soulignent que taxer des gains non réalisés pourrait forcer les investisseurs à vendre leurs actifs pour payer des impôts sur des profits « papier ». Cela risque de provoquer une fuite des capitaux hors du Danemark.
Synthèse Danske Bank : un timing délicat pour l’adoption crypto au Danemark
L’initiative de Danske Bank marque une légitimation institutionnelle du Bitcoin au Danemark. En intégrant les ETPs dans l’offre bancaire classique, la banque normalise l’actif. Cependant, l’incertitude législative reste un frein majeur. Le gouvernement doit clarifier sa position fiscale rapidement. Les investisseurs craignent un piège fiscal sur leurs gains latents.
FAQ : Bitcoin, Danske Bank et Fiscalité Danoise
Les clients ne peuvent pas acheter de Bitcoin directement, mais peuvent investir dans des ETP (Exchange Traded Products) qui suivent le cours du Bitcoin et de l’Ethereum, directement via l’application mobile ou l’eBanking de la banque.
Non. Bien qu’elle ait été proposée en 2024, elle n’a pas encore été votée ni promulguée en loi en date de février 2026. Le débat parlementaire est toujours en attente.
Non. L’utilisation d’ETP permet d’investir sans avoir besoin de créer ou de gérer un « wallet » numérique, ce qui simplifie l’accès pour les débutants.
Le régulateur souhaite traiter les cryptomonnaies comme des stocks ou des obligations (taxation d’inventaire) pour combler les lacunes fiscales actuelles où seuls les gains réalisés lors de la vente sont taxés.
Disclaimer : Ce contenu analyse des actualités bancaires et fiscales. Il ne constitue pas un conseil en investissement ou fiscal. La législation peut évoluer rapidement.