Michael Saylor, l’architecte de la stratégie Bitcoin la plus agressive au monde, lance un avertissement solennel ce lundi 26 janvier 2026. Selon lui, la plus grande menace pour le réseau ne vient pas de l’extérieur, mais de l’intérieur. Il pointe du doigt les « opportunistes ambitieux » qui tentent de modifier le protocole Bitcoin pour y ajouter des fonctionnalités complexes. Cette déclaration relance violemment le débat sur l’ossification du réseau face aux velléités d’évolution. Entre guerre du « spam » (BIP-110) et peur de l’ordinateur quantique, la communauté se déchire sur l’avenir technique de l’or numérique. Analyse d’une fracture idéologique au sommet.
Saylor sonne l’alarme : la menace viendrait de l’intérieur
Michael Saylor défend une vision puriste : Bitcoin doit rester immuable pour survivre. Pour lui, le changement est un vecteur d’attaque. Il déclare sur son compte X :
Le plus grand risque pour Bitcoin vient des opportunistes ambitieux qui prônent des changements du protocole.
Les “opportunistes ambitieux” accusés de vouloir transformer Bitcoin
Saylor, visionnaire de MicroStrategy, n’a pas nommé de cibles précises, mais ses propos visent clairement les développeurs qui veulent étendre les capacités de Bitcoin. Justin Bechler, maximaliste reconnu, traduit la pensée de Saylor :
il s’agit d’une attaque contre ceux qui promeuvent des usages non monétaires, comme les NFT ou le stockage d’images sur la blockchain.
Le camp maximaliste défend l’immutabilité absolue
Mert Mumtaz, PDG d’Helius, qualifie cette mentalité de « cancer ». Il rappelle qu’aucun logiciel n’est infaillible et que Bitcoin contient des bugs qu’il faut corriger. Pour lui, refuser l’évolution sous prétexte de stabilité revient à laisser les failles ouvertes par dogmatisme.
BIP‑110 : la guerre du “spam” fracture la communauté
Le conflit se cristallise autour d’une proposition technique précise : le BIP-110. Ce projet divise la communauté en deux camps irréconciliables.
Une proposition pour limiter les données non monétaires
Le BIP-110 est une proposition de « soft fork » temporaire soutenue par l’équipe de Bitcoin Knots. Son but est de limiter drastiquement le volume de données arbitraires (comme les inscriptions Ordinals) dans les transactions. C’est une réponse directe à la mise à jour Bitcoin Core v3 qui avait augmenté ces limites, ouvrant la porte à ce que certains qualifient de « spam ».
Ordinals et inscriptions contournent déjà les restrictions
Les critiques jugent cette mesure inutile. Selon eux, les méthodes d’inscription de données ont déjà évolué bien plus que des restrictions du BIP-110. Un opposant note ironiquement que quelqu’un a déjà réussi à inscrire le texte complet de la proposition dans la blockchain, prouvant l’inefficacité des filtres proposés. Pour Adam Back, PDG de Blockstream, la solution réside dans les frais dynamiques, pas dans la censure du protocole.
Le risque quantique sur le Bitcoin : menace urgente ou distraction ?
Pendant que la communauté se bat sur la taille des blocs, une ombre plus menaçante plane : l’informatique quantique.
Nic Carter et Fred Krueger réclament une transition post‑quantique
Pour l’investisseur Fred Krueger et le capital-risqueur Nic Carter, le débat sur le spam est secondaire face au risque quantique. Ils pressent la communauté d’adopter rapidement des standards cryptographiques post-quantiques pour éviter un scénario catastrophe où les clés privées seraient cassées.
Adam Back minimise l’urgence et prône la recherche discrète
Adam Back rejette ces appels à l’urgence, les qualifiant de « mal informés ». Il assure que les développeurs travaillent discrètement sur ces sujets et que la recherche avance sans besoin de panique publique. Son équipe déclare sur X :
« La communauté Bitcoin ne se prépare pas à l’informatique quantique ! »
En réalité : le responsable de l’équipe cryptographie veut discuter des recherches de pointe sur le développement de schémas de signature post-quantiques, en commençant par les signatures basées sur les fonctions de hachage.
Un analyste marché renommé ajoute que ces peurs n’affectent pas le prix du Bitcoin, la baisse récente étant due aux ventes des détenteurs long terme.
Une fracture idéologique profonde dans l’écosystème Bitcoin
Ce lundi 26 janvier 2026 place Bitcoin face à son paradoxe fondamental.
- La Vision Saylor : Protéger l’immutabilité contre les « ambitieux ».
- Le Conflit : BIP-110 pour censurer le spam vs liberté d’utilisation.
- La Menace : Risque quantique minimisé par les « anciens », craint par les VC.
- L’Enjeu : Bitcoin doit-il être une relique numérique parfaite ou un logiciel vivant ?
Michael Saylor veut favoriser la stabilité monétaire prime sur l’innovation technique. Reste à voir si le code lui donnera raison.
FAQ : Comprendre le débat sur le protocole Bitcoin
Il vise les développeurs qui veulent ajouter des fonctions complexes à Bitcoin, comme les NFT ou les « smart contracts ». Saylor pense que cela fragilise la sécurité du réseau et le détourne de son rôle de monnaie de réserve.
C’est une proposition de mise à jour technique. Elle veut empêcher les gens d’utiliser Bitcoin pour stocker des images ou du texte (ce qu’on appelle le « spam » ou les Ordinals) en limitant la taille des données autorisées dans une transaction.
C’est un risque théorique futur. Un ordinateur quantique très puissant pourrait casser la sécurité actuelle. Certains veulent changer le code maintenant pour se protéger (post-quantique), d’autres comme Adam Back disent qu’il n’y a pas d’urgence et que les solutions sont en cours d’étude.
C’est l’argument de Mert Mumtaz. Il dit que tout logiciel a des bugs et qu’il faut les réparer. Mais pour les « puristes » comme Saylor, chaque modification du code est un risque d’introduire un nouveau bug catastrophique. Ils préfèrent ne rien toucher.
Ce contenu analyse des débats techniques et des opinions d’experts sur le protocole Bitcoin. Il ne constitue pas un conseil en investissement. Les modifications de protocole comportent des risques techniques majeurs.