Les réseaux Ethereum et Solana pourraient transformer radicalement leur politique monétaire pour devenir nettement moins inflationnistes au cours de la prochaine décennie. Zach Pandl, directeur de la recherche chez Grayscale, a publié une analyse détaillée le 13 août 2026. Celle-ci indique que des réformes majeures en discussion visent à réduire drastiquement la quantité de nouveaux jetons mis en circulation. L’inflation annuelle de l’offre pourrait chuter à des niveaux historiquement bas d’ici 2031, à condition que la communauté valide ces propositions techniques. Cette évolution soulève une question centrale pour l’écosystème crypto Comment renforcer la rareté d’un actif sans détruire les incitations économiques nécessaires à la sécurité de la blockchain ?
Points clés sur Ethereum et Solana :
- Ethereum et Solana pourraient transformer radicalement leur politique monétaire. Ces réseaux deviendraient ainsi nettement moins inflationnistes au cours de la prochaine décennie.
- Une validation communautaire de ces propositions techniques ferait chuter l’inflation annuelle de l’offre à des niveaux historiquement bas d’ici 2031.
- Cette évolution interroge l’écosystème crypto. Il faut en effet renforcer la rareté d’un actif sans détruire les incitations économiques nécessaires à la sécurité de la blockchain.
Les projections de Grayscale sur la rareté des jetons
Les chiffres avancés par Grayscale reposent sur des hypothèses de gouvernance encore absentes du code. Ces modèles exigent une validation technique rigoureuse avant toute application sur les réseaux principaux.

La différence avec le modèle Bitcoin
Le directeur de la recherche estime que les changements envisagés pourraient réduire massivement l’arrivée de nouveaux jetons. Selon ses modèles mathématiques, l’inflation annuelle de l’offre d’Ethereum pourrait s’établir autour de 0,4 % d’ici 2031. En parallèle, la blockchain Solana verrait son inflation chuter pour atteindre environ 1,1 % par an. Ces niveaux rapprocheraient ces actifs de la rareté programmée du réseau fondé par Satoshi Nakamoto. Toutefois, une différence fondamentale subsiste. Pour la première cryptomonnaie du marché, une inflation faible découle directement de son calendrier d’émission immuable et de ses halvings successifs. Le chemin vers la rareté des réseaux de contrats intelligents dépend encore de décisions humaines et de votes de gouvernance complexes.
Le poids des décisions communautaires
Il reste indispensable de nuancer ces données optimistes. Les taux de 0,4 % et 1,1 % ne reflètent pas les règles actuellement en vigueur. Ces projections strictement conditionnelles supposent l’adoption et l’application sans faille technique des propositions en discussion. Les hypothèses de modélisation de Grayscale doivent également rester valables sur le long terme. Contrairement aux conseils d’administration qui décident unilatéralement d’émettre de nouvelles actions ou de procéder à des rachats, la politique monétaire d’une blockchain repose sur un consensus décentralisé. De plus, le cadre réglementaire global reste flou. Les ressources officielles de la SEC Les incertitudes sur la qualification juridique des jetons issus du staking reviennent régulièrement. Elles pourraient freiner l’adoption de certaines réformes trop agressives.
La proposition EIP-8363 pour freiner l’émission d’Ethereum
Le réseau fondé par Vitalik Buterin envisage de refondre son mécanisme de récompenses afin de freiner l’expansion de son offre. La proposition EIP-8363 cible directement les revenus des validateurs pour maintenir un équilibre économique viable.

Le mécanisme du Tapered Issuance Burn
Sur le réseau principal, la proposition technique centrale porte le nom de EIP-8363, également baptisée Tapered Issuance Burn. Son statut officiel demeure à l’état de brouillon. Les développeurs principaux ne l’ont pas encore approuvée et ne l’ont programmée pour aucune mise à jour prochaine. Le mécanisme imaginé ne consiste pas simplement à réduire l’émission brute de nouveaux ETH. Le protocole continuerait de calculer les récompenses de consensus pour les validateurs. Toutefois, le système détruirait automatiquement une fraction de ces récompenses avant qu’elles n’atteignent leurs portefeuilles. Cette fraction augmenterait proportionnellement avec le pourcentage de jetons verrouillés sur le réseau. Avec environ 60,25 millions d’unités stakées, cela représente près de 50 % de l’offre de référence de la proposition. Le mécanisme pourrait alors théoriquement brûler 100 % des récompenses de consensus concernées.
L’équilibre fragile du staking Ethereum
Ce débat technique émerge d’un équilibre économique particulièrement délicat. Plus la participation augmente, plus le protocole rémunère de validateurs via l’émission de nouveaux jetons. Cependant, une émission supérieure au besoin de sécurité réel du réseau dilue mécaniquement les détenteurs inactifs sur les protocoles.Ethereum staking, sans apporter de bénéfice proportionnel à la robustesse de la blockchain. Les frais de transaction sur la couche principale ont récemment baissé, suite à la migration massive de l’activité vers les solutions de seconde couche. Cela réduit également la quantité de jetons détruits par le mécanisme EIP-1559. Cette dynamique rend l’émission nette positive beaucoup plus fréquente. La proposition EIP-8363 vise donc à limiter cette dilution systémique et à éviter que le staking Ethereum ne devienne excessivement dominant, ce qui favoriserait une centralisation autour de quelques grands intermédiaires institutionnels.
Solana accélère la réduction de son offre native
De son côté, la blockchain concurrente étudie des mesures pour atteindre plus rapidement son taux d’émission terminal. Les développeurs proposent d’intensifier la réduction annuelle de l’offre pour soutenir la valeur du réseau.
Les propositions SIMD-0550 et SGP-0002
Solana suit une logique d’optimisation différente. Étroitement associée au document SGP-0002, la proposition SIMD-0550 cherche à doubler la vitesse de baisse de l’inflation du jeton SOL. Actuellement, le rythme d’émission diminue selon un facteur annuel fixe de 15 %. La nouvelle proposition ferait passer cette désinflation brutale à 30 % par an. Le taux terminal, c’est-à-dire le niveau d’inflation définitif du réseau, resterait inchangé à 1,5 %. Toutefois, la blockchain atteindrait ce palier beaucoup plus rapidement. Les auteurs de la proposition estiment que le temps nécessaire pour rejoindre ce taux final passerait d’environ 5,7 ans à seulement 2,8 ans. Les modélisations estiment aussi qu’environ 18,9 millions de jetons ne verraient pas le jour sur une période de six ans par rapport au calendrier actuel. Il ne s’agit pas de détruire des jetons existants, mais d’appliquer une restriction à la source. Ces unités n’arriveraient tout simplement jamais sur le marché.
Un nouveau modèle de destruction des frais
Le scénario optimiste dressé par Grayscale ne repose pas uniquement sur une émission plus faible. Une autre proposition technique, nommée SIMD-0553, cherche à modifier en profondeur la structure des frais de transaction. Elle introduit un coût lié aux ressources informatiques demandées par les opérations complexes. À son niveau final envisagé, les simulations basées sur l’activité de mai 2026 prévoient entre 7 500 et 9 000 jetons brûlés par jour. Le scénario de référence actuel n’en compte qu’environ 648. Ce chiffre dépendrait directement de l’activité réelle du réseau, du volume de transactions et du comportement des utilisateurs finaux. Il ne constitue donc pas une garantie absolue. Il agit plutôt comme un levier supplémentaire pour raréfier l’offre en période de forte congestion.
Les risques de cette politique monétaire sur la sécurité
La modification des politiques monétaires de ces deux réseaux majeurs soulève des interrogations sur la valorisation future des jetons. Une offre réduite doit obligatoirement rencontrer une demande soutenue pour influencer positivement les marchés.
Une offre qui croît plus lentement renforce indéniablement la rareté relative d’un actif numérique. Néanmoins, la valorisation dépend toujours de la confrontation entre l’offre et la demande. Si l’intérêt des utilisateurs reste stable ou augmente, une émission plus faible devient un catalyseur favorable pour le prix ETH. En revanche, si l’adoption recule, la simple baisse de l’inflation ne suffira pas à soutenir les cours. Par ailleurs, ces changements structurels pourraient réduire les rendements globaux. Certains validateurs pourraient juger leur activité de sécurisation moins rentable. Cette situation pousserait potentiellement une partie des capitaux vers d’autres opportunités de rendement décentralisé.
Une question centrale demeure : ces réformes amélioreront-elles durablement la rareté des jetons sans affaiblir la sécurité et la décentralisation de leurs réseaux respectifs ? Le prochain signal concret à surveiller sera l’avancée des votes de gouvernance sur Solana, prévus autour du 23 août 2026. Du côté de la fondation EthereumL’évolution du statut de la proposition EIP-8363 lors des prochains appels des développeurs principaux sera déterminante. Elle confirmera si cette refonte monétaire a de réelles chances d’intégrer la prochaine mise à jour majeure. Les acteurs institutionnels et les opérateurs de nœuds devront trouver un compromis acceptable. L’objectif est de préserver l’attractivité économique de la validation et de protéger les détenteurs contre une dilution excessive.
FAQ : inflation Ethereum et Solana, EIP-8363 et SIMD-0550
Selon les projections de Grayscale, l’inflation annuelle de l’offre d’Ethereum pourrait tomber à environ 0,4 % d’ici 2031 si la proposition EIP-8363 est adoptée.
La proposition EIP-8363 prévoit de brûler une fraction croissante des récompenses de consensus destinées aux validateurs, en fonction du pourcentage de jetons verrouillés en staking.
La proposition SIMD-0550 vise à doubler la vitesse de baisse de l’inflation sur Solana, passant d’une réduction annuelle de 15 % à 30 %, pour atteindre plus vite le taux terminal de 1,5 %.
Cet article est fourni à titre d’information uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement. Les cryptomonnaies sont des actifs volatils. Faites vos propres recherches avant toute décision financière.
