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The Bitcoin Society : Éric Larchevêque lance un empire crypto-entrepreneurial de plusieurs milliards

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Une photo d'Éric Larchevêque (cofondateur de Ledger) sur scène lors de sa keynote de lancement de "The Bitcoin Society" (TBSO) en novembre 2025.

Le cofondateur de Ledger frappe fort. Le 24 novembre 2025, devant 10 000 spectateurs, Éric Larchevêque a dévoilé The Bitcoin Society (TBSO). Il s’agit d’un projet hybride qui fusionne une trésorerie Bitcoin, un réseau entrepreneurial et des ambitions politiques claires. Cette annonce spectaculaire, survenue en plein « Black Friday crypto », bouscule l’écosystème crypto européen. Elle pose autant de questions qu’elle n’en résout.

Une révélation théâtralisée de 500 millions d’euros

La « keynote » d’une heure, organisée à l’Espace Clacquesin de Malakoff (banlieue parisienne), a marqué les esprits. Une mise en scène soignée, un message pointilliste et une révélation progressive : les organisateurs ont orchestré chaque détail pour créer de l’anticipation. Face à 500 invités triés sur le volet et plus de 10 000 spectateurs en direct, Éric Larchevêque a martelé une phrase clé : « C’est le projet le plus important de ma vie ».

Pour y parvenir, le cofondateur de Ledger a utilisé une technique boursière classique : le « reverse takeover » (prise de contrôle inversée). Au lieu de créer une nouvelle entreprise et d’attendre des mois pour son introduction en Bourse, Larchevêque a repris Tayninh. C’est une foncière « dormante » du groupe Unibail-Rodamco-Westfield, cotée sur Euronext mais inactive depuis plus de dix ans.

L’équipe a finalisé l’acquisition début novembre 2025 au prix symbolique de 0,11 € par action. L’opération valorise l’acquisition à environ 500 000 euros (hors trésorerie). Cette simplicité de façade cache une complexité réelle. Il faut transformer cette « coquille vide » en moteur d’une stratégie de plusieurs milliards d’euros. Une offre publique d’achat simplifiée est en cours auprès de l’Autorité des Marchés Financiers (AMF) pour compléter l’opération.

Trois piliers pour une vision civilisationnelle

The Bitcoin Society repose sur une architecture novatrice. Elle s’articule autour de trois éléments complémentaires.

Pilier 1 : la « Bitcoin Treasury Company »

Le premier pilier constitue l’ADN du projet : une « Bitcoin Treasury Company » cotée en Bourse. Elle vise à constituer une trésorerie stratégique de plusieurs milliards d’euros en bitcoins. TBSO s’inspire directement du modèle de MicroStrategy (MSTR), qui détient 592 345 BTC (54,3 milliards de dollars). TBSO ambitionne de devenir un acteur incontournable de cette nouvelle catégorie d’entreprises.

L’objectif affiché ? Générer « 10 à 12% d’exposition supplémentaire au Bitcoin en un an ». Une première levée de fonds (réservée aux investisseurs qualifiés) est prévue début 2026. Elle vise 10 à 20 millions d’euros. Cette trésorerie en Bitcoin constituera « la base monétaire de l’écosystème TBSO ». Elle permettra de « concevoir des instruments financiers solides ».

Pour les investisseurs français, TBSO offre une exposition régulée au Bitcoin via un compte-titres ou un PEA. Ils n’ont pas à gérer directement de clés privées.

Pilier 2 : la « Network Society »

Le deuxième pilier porte un nom ambitieux : la « Network Society ». C’est un réseau international gratuit, ouvert aux entrepreneurs, indépendants et créateurs de valeur. Sa mission affichée est de proposer un accès à l’éducation financière et de peser dans les débats économiques. « Mon projet a une dimension politique évidente », assume Éric Larchevêque.

Cette dimension communautaire vise à agréger la force économique des membres. L’objectif est de « négocier avec les États » sur la fiscalité ou les visas. Le manifeste de TBSO décrit un monde « rongé par l’inflation et la dette publique ». Il propose de créer « une force économique collective » capable de « défendre les intérêts de ceux qui créent de la richesse ».

Pilier 3 : les clubs premium

Le troisième pilier repose sur deux clubs premium payants.

  • Le Club Day One (investisseurs et épargnants) est déjà opérationnel.
  • Le Club SKL (entrepreneurs), ouvert le 9 décembre 2025, intègre une équipe d’environ 40 experts.

Ces abonnements annuels généreront des revenus opérationnels. Ils permettront à TBSO de « payer ses salariés et se développer ».

L’équipe de choc : Larchevêque, Benchimol et Tony Parker

Trois profils complémentaires portent ce projet.

  • Éric Larchevêque (PDG) : À 52 ans, le cofondateur de Ledger et figure de la « French Tech » incarne la crédibilité technologique du projet.
  • Nathan Benchimol (Relations Investisseurs) : Cet ex-banquier privé chez Barclays Wealth Management, reconverti dans les cryptos (fondateur de Nomiks), gère l’aspect financier.
  • Tony Parker (Ambassadeur) : La véritable surprise est la présence de Tony Parker. La légende du basket français (quatre fois champion NBA) et investisseur actif endosse le rôle d’ambassadeur international.

« Son rôle va être de nous aider à l’international. Il a des contacts très importants », explique Éric Larchevêque. Leur collaboration est née sur le tournage de l’émission « Qui veut être mon associé ? » sur M6.

Un positionnement politique clivant et assumé

Éric Larchevêque ne cache pas ses convictions. Durant sa keynote, il a formulé une critique virulente du système monétaire actuel. Il a dénoncé « une accumulation de dettes, une pression fiscale croissante, et une politique monétaire hors de contrôle ».

« Je me définis comme libertarien minarchiste. L’idée n’est pas de supprimer l’État, mais d’avoir moins d’État dans le système monétaire », précise-t-il. Le minarchisme est un courant philosophique qui prône une intervention minimale de l’État.

Cette posture s’inscrit dans sa bataille médiatique contre la « taxe Zucman ». « La taxe Zucman est inapplicable et injuste », avait-il déclaré en septembre 2025. Larchevêque, l’une des 500 plus grandes fortunes de France (grâce à ses actions Ledger), dénonce un système qui taxerait « un patrimoine virtuel » ne générant aucun revenu.

Le Bitcoin comme outil civilisationnel

Plus q’une opportunité financière, Éric Larchevêque porte une vision quasi messianique. Il martèle :

« C’est le bitcoin qui est en train de prendre le contrôle de Wall Street, et non l’inverse »

Il décrit le Bitcoin comme « digital, instantané, global, transparent, auditable, et résistant au pouvoir politique ». Cette rhétorique s’appuie explicitement sur Friedrich Hayek et sa théorie de la concurrence des monnaies. Le manifeste de TBSO cite directement l’économiste autrichien : « Nous devons retirer l’argent des mains des gouvernements. »

Un contexte de marché volatile et des concurrents établis

L’annonce intervient dans un contexte Bitcoin particulier. Le 25 novembre 2025, la cryptomonnaie s’échange autour de 86 800 dollars. Elle est en rebond technique après une correction de 22% depuis son sommet à 126 000 dollars début novembre.

L’action Tayninh (la « coquille » de TBSO) illustre cette volatilité. Après un bond de +91% depuis janvier, le titre a chuté de 47% en un mois. Sa capitalisation actuelle (21,2 millions d’euros) est une base modeste pour des ambitions si démesurées.

De plus, TBSO arrive sur un marché où des poids lourds sont déjà positionnés.

  • MicroStrategy (MSTR) détient 592 345 BTC (107,2 Mds$ de capitalisation).
  • Capital B (ALTBG), « le MicroStrategy français », détient plus de 2 000 BTC et a levé 48,6 millions d’euros en mars 2025.

Face à ces mastodontes, TBSO se différencie. Il ne se concentre pas uniquement sur l’accumulation. Il construit un écosystème complet (trésorerie, communauté, revenus).

Conclusion : un pari audacieux à haut risque

Tout bien considéré, l’accueil réservé à TBSO est contrasté. Si certains saluent l’audace, d’autres trouvent le concept « peu transparent ». Le manifeste résolument pessimiste (« doomer ») et le positionnement libertarien divisent.

En définitive, The Bitcoin Society représente un projet innovant. L’équipe fondatrice combine expertise technique, financière et notoriété internationale. Reste à savoir si Éric Larchevêque transformera sa vision civilisationnelle en réalité entrepreneuriale. La première levée de fonds début 2026 constituera le test crucial.

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Ecrit par
Martin de Reis

Je m'appelle Martin et je suis rédacteur sur Actu Crypto .info. Je suis passionné par les crypto-monnaies et par la Defi en particulier. J'aime apprendre de nouvelles choses sur ce sujet et je suis toujours à la recherche des dernières informations à ce sujet. J'ai commencé à investir dans les cryptos il y a quelques années et j'apprécie l'idée de pouvoir investir facilement et à moindre coût dans des actifs numériques. C'est pourquoi je consacre beaucoup de temps à m'informer sur les crypto-monnaies et à écrire sur le sujet.

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