Pour comprendre ce qu’est une Shitcoin, il faut comprendre le contexte du marché crypto. D’un côté, la panique règne. Le Bitcoin a chuté, l’Ethereum s’est effondré… L’indice de « Peur Extrême » est au plus bas. Les investisseurs institutionnels fuient les ETF de BlackRock. De l’autre côté, une poignée de « memecoins » inconnus explose de +2 200%.
Cette situation est la définition parfaite du « casino crypto ». L’argent ne quitte pas le marché, il se déplace de la « valeur » (BTC, ETH) vers la spéculation la plus pure. Ces actifs spéculatifs portent un nom : les « shitcoins ». Ce guide 2025 vous explique ce qu’ils sont, pourquoi ils sont si populaires, et quels sont les risques dévastateurs qu’ils impliquent.
Une « shitcoin » est un terme péjoratif. Il désigne une cryptomonnaie qui n’a pas de valeur intrinsèque, peu ou pas d’utilité, et aucun avenir technologique crédible. C’est un actif numérique dont le prix repose à 100% sur la spéculation et le « hype » (l’engouement) des réseaux sociaux.
Il faut bien reconnaître que ce terme s’oppose aux projets « blue chip ». Le Bitcoin, par exemple, tire sa valeur de sa rareté programmée (son « halving ») et de sa décentralisation. L’Ethereum tire sa valeur de son utilité : il alimente des milliers d’applications de finance décentralisée (DeFi) et de NFT grâce à ses « smart contracts ».
Une shitcoin ne possède rien de tout cela. Elle n’a pas de caractéristiques techniques intéressantes, sans aucune règlementation. Elle est créée dans un seul but : générer des profits rapides pour ses créateurs et ses premiers détenteurs. La plupart de ces projets s’effondrent en un court laps de temps, souvent en quelques heures, laissant la majorité des investisseurs avec des tokens sans valeur.
Des groupes ou des individus anonymes créent la plupart des shitcoins. Ils copient-collent souvent le code d’un autre projet (comme le standard ERC-20 d’Ethereum ou un token SPL sur Solana).
Ensuite, ils créent ces monnaies virtuelles non pas pour résoudre un problème, mais pour attirer l’investissement « degen » (dégénéré). Ils l’enrobent d’une « idée originale » qui est en fait un pur outil marketing. Cette idée peut être liée à un mème populaire (un chien, un écureuil, une personnalité politique), ou à un narratif tendance (IA, DePIN, Quantum).
Le processus est souvent le suivant :
Vous pouvez identifier 99% des shitcoins en vérifiant ces points :
Le crash de novembre 2025 et l’explosion simultanée de $PNUT (+2200%) nous donnent la réponse.
La popularité des shitcoins repose sur l’espoir du gain « irréel ». Les investisseurs novices voient le Bitcoin à 81 000 $, et pensent, à tort, qu’il est « trop cher ». Ils cherchent le « prochain Bitcoin » et voient un token à 0,000001 $et se disent qu’il peut facilement atteindre 1 $. Ils achètent 50 millions de tokens pour 50 €. C’est une erreur de psychologie et de calcul (ils oublient la capitalisation boursière). Mais ce rêve du la prochaine crypto « x1000 », alimenté par les succès passés de Dogecoin ou Shiba Inu, est le moteur principal de ce marché.
À vrai dire, les investisseurs à la recherche d’opportunités à court terme apprécient le fait que les shitcoins soient très volatiles. Pour un trader « degen », la volatilité est l’opportunité. Ils ne se soucient pas du projet. Ils cherchent à acheter à 10h, à revendre à 11h avec +50%, et à passer au suivant. Cela leur permet (parfois) de réaliser des bénéfices considérables en peu de temps.
Acheter une crypto-monnaie, alias une shitcoin, est devenu un jeu d’argent. C’est facile (via des « wallets » comme Phantom ou Metamask). C’est communautaire (les groupes Telegram sont en ébullition 24/7). Mais c’est un pur casino crypto-monnaie. Les gens n’investissent pas, ils achètent un ticket de loterie.
Le potentiel de gain est élevé. Mais le risque de perte totale est de 99,9%. Les investisseurs risquent de perdre beaucoup d’argent si la monnaie virtuelle se déprécie rapidement.
Les principaux risques sont le manque de réglementation et la volatilité. Des acteurs malveillants manipulent ces monnaies virtuelles non réglementées. Mais le risque le plus courant est le « rug pull ».
C’est l’arnaque la plus fréquente. L’équipe anonyme, qui détient plus de 50% des tokens et contrôle le pool de liquidité, attend que le prix monte. Lorsque suffisamment d’investisseurs ont acheté leur token (en échangeant leurs ETH ou SOL), l’équipe frappe. Elle vend d’un coup ses +50% de tokens. Elle retire instantanément toute la vraie valeur (les ETH ou SOL) du pool de liquidité. Le prix du shitcoin tombe à zéro très rapidement, voire en une seconde. L’équipe disparaît avec l’argent. Les investisseurs se retrouvent avec des tokens qu’ils ne peuvent plus vendre. Il n’y a plus de liquidité. C’est un vol pur et simple.
Ici, un groupe d’influenceurs ou de « baleines » (gros portefeuilles) achète un token à bas prix. Ils utilisent ensuite leur audience sur X ou YouTube pour « shiller » (promouvoir agressivement) le projet. Des milliers de leurs abonnés (FOMO) achètent, faisant « pumper » (gonfler) le prix. Une fois le prix au plus haut, le groupe initial « dumpe » (largue) tous ses tokens sur sa propre communauté.
Pour être à l’abri des escroqueries, les investisseurs doivent prendre le temps d’étudier attentivement une monnaie.
Tout bien considéré, l’univers des shitcoins est le « Far West » de la finance. Le paradoxe de novembre 2025 (le crash des « blue chips » et l’explosion des « memecoins ») montre que ce marché est déconnecté de toute logique rationnelle. Il est purement spéculatif.
En définitive, ces projets offrent un potentiel de gain explosif. Mais ils sont conçus pour prendre votre argent. Si vous n’avez pas passé des heures à analyser le contrat, la liquidité et la distribution des tokens, vous n’êtes pas un investisseur. Vous êtes la liquidité. L’éducation et la prudence sont les seules protections dans ce casino CRYPTO.