La tension politique atteint son paroxysme aux États-Unis ce lundi 26 janvier 2026. La mort d’Alex Pretti, un infirmier tué par un agent de l’immigration à Minneapolis, plonge l’administration Trump dans une tourmente judiciaire et sociale majeure. Alors que les manifestants occupent les rues, un bras de fer institutionnel oppose Washington aux autorités locales. Donald Trump oscille entre fermeté sur les « villes sanctuaires » et ouverture vers un retrait des troupes. Analyse d’une fracture nationale où la police fédérale affronte la justice d’État.
Le bras de fer : Trump contre Walz et Frey
Le conflit dépasse le drame humain pour devenir une crise constitutionnelle. Le gouverneur et le président s’affrontent par déclarations interposées.
Trump exige la fin des « Villes Sanctuaires »
Donald Trump maintient une ligne dure. Il ordonne au gouverneur Tim Walz et au maire Jacob Frey de coopérer totalement. Le Président exige que les autorités locales livrent tous les « étrangers illégaux criminels » présents dans les prisons d’État. Pour lui, les politiques de « ville sanctuaire » causent ces tragédies.
Le gouverneur Walz refuse de céder et demande un retrait fédéral
Le gouverneur du Minnesota, Tim Walz, refuse de céder. Il réclame le départ immédiat des agents fédéraux, qualifiant la situation de « point d’inflexion » pour le pays. Face à cette pression, Donald Trump a signalé lors d’une interview au Wall Street Journal qu’il pourrait envisager un retrait de l’ICE « à un moment donné ».
La justice fédérale intervient : le DHS sous ordonnance
La justice fédérale entre dans la danse et inflige un revers à l’administration Trump.
Interdiction de détruire ou altérer des preuves
Le juge fédéral Eric Tostrud a émis une ordonnance restrictive temporaire contre le Département de la Sécurité intérieure (DHS). Il interdit formellement au DHS de détruire ou d’altérer les preuves liées à la fusillade.
Le procureur Ellison dénonce une entrave “extraordinaire”
Cette décision fait suite à une plainte du Procureur général du Minnesota, Keith Ellison. Les autorités fédérales auraient empêché les enquêteurs de l’État d’accéder à la scène de crime. Ellison qualifie cette entrave d’étape « extraordinaire » qui doit alerter tous les citoyens. La secrétaire du DHS, Kristi Noem, soutient que ses agents suivaient le protocole standard.
La guerre des faits : Qui était la cible ?
La justification de l’opération fédérale s’effrite sous l’analyse des registres officiels.
La version fédérale
Le commandant Greg Bovino affirme que l’opération visait Jose Huerta Chuma. Il décrit cet homme comme un criminel violent avec des antécédents d’agression domestique et de lésions corporelles.
Le démenti du Minnesota
Le Département des Corrections du Minnesota (DOC) réfute ces accusations. Selon leurs registres, Chuma n’a aucun casier judiciaire pour crime (felony) dans l’État. Il n’a commis que des infractions routières mineures il y a plus de dix ans.
Le paradoxe de 2018
Plus accablant pour l’administration Trump, le DOC révèle que Chuma se trouvait en détention fédérale en 2018. Les autorités fédérales l’ont relâché à l’époque, durant le premier mandat de Donald Trump. Le DOC qualifie les affirmations des officiels de l’ICE d’imprécises et « téméraires ».
Réactions politiques : indignation et fissures partisanes
L’unité républicaine montre des signes de faiblesse face à l’indignation publique.
Bill Clinton sort du silence
L’ancien président Bill Clinton a publié une déclaration rare et forte. Il qualifie la mort d’Alex Pretti et de Renee Good d’événements « inacceptables ». Il dénonce des scènes qu’il ne pensait « jamais voir en Amérique », citant des enfants saisis chez eux et des manifestants gazés.
Des voix critiques émergent au sein du Parti républicain
La critique vient aussi de l’intérieur. Le sénateur républicain Bill Cassidy a qualifié la fusillade d' »incroyablement dérangeante ». Ce craquement dans le soutien partisan indique que l’opération de Minneapolis pourrait coûter cher politiquement à la Maison Blanche.
Synthèse : un moment de rupture pour les institutions américaines
Ce lundi 26 janvier 2026 marque un tournant sombre.
- La Victime : Alex Pretti, infirmier tué en aidant une personne au sol.
- Le Conflit : Trump attaque les « sanctuaires », Walz exige le retrait fédéral.
- La Preuve : Le juge ordonne au DHS de ne rien détruire.
- Le Mensonge ? Le Minnesota nie le casier judiciaire violent de la cible.
L’administration Trump doit désormais gérer une crise sur trois fronts : la rue, les tribunaux et la vérité factuelle sur ses opérations.
FAQ : Comprendre l’affaire Alex Pretti et Donald Trump
Ce sont des agents fédéraux (ICE/DHS), qui dépendent directement de l’administration Trump, qui ont mené l’opération. Trump défend leur action et critique les politiques locales de Minneapolis.
C’était un infirmier diplômé en 2011, décrit comme dévoué et soignant des vétérans. Il a été tué alors qu’il portait assistance à une personne tombée au sol lors de l’intervention.
C’est une ville qui refuse d’utiliser ses ressources locales (police, budget) pour aider les agents fédéraux à expulser des immigrés. Trump veut interdire cette pratique, qu’il accuse d’être la cause des problèmes actuels.
Les versions s’opposent. L’administration Trump dit que c’était un criminel violent. L’État du Minnesota prouve, registres à l’appui, qu’il n’avait que des amendes routières et avait même été relâché par le fédéral en 2018.
Ce contenu analyse des événements politiques et judiciaires en cours aux États-Unis. Il ne constitue pas un avis juridique ou une prise de position partisane. Les enquêtes sont toujours en cours. Source : BBC