Le paradis fiscal néerlandais pour la cryptomonnaie touche à sa fin. Le gouvernement des Pays-Bas prépare une réforme radicale de son système d’imposition « Box 3 ». Un nouveau projet de loi vise à taxer les plus-values latentes (non réalisées) sur les actifs numériques. Concrètement, les investisseurs devront payer des impôts sur la montée du Bitcoin même s’ils n’ont rien vendu. Analyse de ce séisme fiscal qui pourrait redéfinir la détention de cryptomonnaie en Europe.
La fin du « rendement fictif » : Place à la taxation réelle
Le système actuel basé sur un rendement forfaitaire ne tient plus. La justice néerlandaise force le gouvernement à changer de méthode.
Taxer la croissance du capital « sur papier »
La réforme, prévue pour janvier 2028, introduit une taxe sur le rendement réel. Le fisc (Belastingdienst) comparera la valeur de votre portefeuille de cryptomonnaie entre le 1er janvier et le 31 décembre. Si votre portefeuille passe de 10 000 € à 20 000 €, l’État considère cette hausse de 10 000 € comme un revenu imposable immédiat.
Un problème de liquidité majeur
Cette approche pose un défi de trésorerie évident. L’investisseur devra payer l’impôt en euros alors que ses gains restent virtuels sur la blockchain. Cela pourrait forcer certains détenteurs de cryptomonnaie à vendre une partie de leurs actifs simplement pour régler la facture fiscale, même s’ils souhaitaient conserver leurs positions (HODL).
Un taux de 36 % sur les gains et le Staking
Le barème proposé est lourd. L’État néerlandais ne fait pas de distinction entre l’appréciation du prix et les revenus passifs.
36 % de taxe forfaitaire
Le projet de loi suggère un taux d’imposition fixe de 36 % sur ces rendements réels. Un abattement modeste d’environ 1 800 € par personne est prévu sur le rendement total, mais il n’y a pas de seuil d’exonération sur la valeur totale du patrimoine.
Le Staking et la DeFi inclus
Les revenus générés par le staking ou le lending de cryptomonnaie entrent aussi dans ce calcul. Chaque récompense perçue s’ajoute au rendement réel imposable. Pour les utilisateurs de la finance décentralisée (DeFi), le suivi fiscal deviendra une obligation complexe et coûteuse.
Surveillance DAC8 et protection contre les pertes
L’État ne compte pas sur la seule bonne foi des contribuables. Il s’arme d’outils de surveillance européens tout en offrant un filet de sécurité en cas de krach.
La fin de l’anonymat avec DAC8
Les Pays-Bas appliqueront strictement la directive européenne DAC8. Dès 2026, les plateformes d’échange de cryptomonnaie partageront automatiquement les données des utilisateurs avec le fisc. D’ici l’entrée en vigueur de la taxe en 2028, le Belastingdienst connaîtra déjà l’état exact des portefeuilles des résidents.
Reporter ses pertes indéfiniment
Le système prévoit un mécanisme de compensation vital pour un actif aussi volatil que la cryptomonnaie. Si le marché s’effondre, les investisseurs pourront imputer leurs pertes sur les gains de la même année. Mieux encore, si l’année se termine en perte nette, ce déficit est reportable indéfiniment sur les années futures.
Synthèse Pays-Bas : un tournant pour la cryptomonnaie en Europe
Ce jeudi 22 janvier 2026 révèle une tendance fiscale qui pourrait s’étendre.
- Le Principe : Taxe sur les gains non réalisés (latents).
- Le Taux : 36 % sur la plus-value annuelle.
- La Date : Entrée en vigueur prévue en janvier 2028.
- Le Contrôle : Échange automatique de données via DAC8.
La détention passive de cryptomonnaie aux Pays-Bas deviendra bientôt une activité fiscalement lourde, nécessitant une gestion de trésorerie rigoureuse.
FAQ cryptomonnaie : comprendre la taxe crypto aux Pays-Bas
Oui, à partir de 2028. Si la valeur de vos actifs augmente entre le 1er janvier et le 31 décembre, vous paierez une taxe sur cette différence, même sans vendre.
Le taux proposé est de 36 % sur les gains réels (plus-value latente + revenus de staking).
Vous ne paierez pas d’impôt cette année-là. Vous pourrez reporter vos pertes sur les années suivantes pour réduire vos futurs impôts.
Oui. Grâce à la directive européenne DAC8, les plateformes d’échange enverront automatiquement vos données au fisc néerlandais.
Ce contenu analyse un projet de loi fiscal en cours de discussion. Il ne constitue pas un conseil juridique ou fiscal. Les lois sur la cryptomonnaie évoluent rapidement et chaque situation est unique.