La bataille législative pour la régulation de la cryptomonnaie aux États-Unis prend une tournure personnelle et politique ce samedi 24 janvier 2026. Alors que la Commission de l’Agriculture du Sénat s’apprête à voter mardi prochain sur un projet de loi majeur, des amendements explosifs viennent d’atterrir sur la table. Le sénateur démocrate Michael Bennet propose d’interdire au Président, au Vice-Président et aux législateurs d’effectuer certaines transactions sur les actifs numériques. Cette attaque vise directement les conflits d’intérêts potentiels de Donald Trump, dont la fortune crypto est estimée à 1,4 milliard de dollars. Analyse d’un bras de fer éthique qui pourrait faire dérailler l’encadrement du marché.
Un amendement explosif : interdire le trading crypto aux élus
Le cœur du débat ne concerne plus seulement la technique financière, mais la probité des dirigeants. Les Démocrates veulent des garanties.
Le “Digital Asset Ethics Act” vise les conflits d’intérêts
Le sénateur Michael Bennet a déposé un amendement intitulé « Digital Asset Ethics Act ». Ce texte interdirait aux « individus couverts » (président, vice-président, membres du Congrès) de réaliser certaines transactions financières impliquant une cryptomonnaie. L’objectif est d’empêcher les élus de profiter de leur position pour manipuler un marché volatile à leur avantage.
Les 1,4 milliard de dollars d’intérêts crypto du Président au centre du débat
Cette mesure cible implicitement Donald Trump et sa famille. Bloomberg estime que le Président a accumulé environ 1,4 milliard de dollars grâce à ses entreprises crypto. Cela inclut ses parts dans le projet DeFi « World Liberty Financial » et une participation de 20 % dans la société de minage « American Bitcoin ». Pour les Démocrates, réguler un secteur où le chef de l’État possède de tels intérêts personnels pose un problème éthique majeur.
La CFTC devient l’arme procédurale pour bloquer la loi
Au-delà de l’éthique, un autre amendement menace de paralyser l’application future de la loi.
L’amendement Klobuchar exige une CFTC complète avant toute application
La sénatrice Amy Klobuchar a déposé un texte exigeant un quorum spécifique. Elle souhaite retarder l’entrée en vigueur de la loi jusqu’à ce que la Commodity Futures Trading Commission (CFTC) compte au moins quatre commissaires nommés.
Une agence sous‑peuplée qui complique la régulation crypto
Actuellement, la CFTC ne compte qu’un seul commissaire : son président Michael Selig. Or, la loi prévoit un maximum de cinq commissaires, avec une limite de trois du même parti politique. En imposant ce seuil de quatre membres, Klobuchar veut s’assurer que les nouvelles règles sur la cryptomonnaie ne soient pas dictées par un régulateur monocolore et sous-doté.
Un vote à haut risque : le Sénat face à une équation impossible
Le projet de loi, porté par le sénateur républicain John Boozman, marche sur une corde raide.
Le seuil des 60 voix rend le consensus presque irréalisable
Pour passer au Sénat, le texte doit recueillir 60 voix. Cela signifie qu’il faut un soutien unanime des Républicains et le ralliement d’au moins sept Démocrates. Boozman a publié le texte cette semaine, mais il a dû admettre que des divergences subsistent sur des « questions politiques fondamentales ».
Les divergences internes menacent l’avancée du texte
« Bien qu’il soit regrettable que nous n’ayons pas pu parvenir à un accord, je suis reconnaissant pour la collaboration », a déclaré Boozman mercredi.
Cette déclaration sonne comme un aveu de faiblesse avant même le vote de mardi. Sans compromis sur l’éthique et la CFTC, le projet risque l’impasse.
Le précédent bancaire : un autre projet de loi déjà tombé à l’eau
Ce vote intervient dans un climat tendu, marqué par l’échec récent d’une initiative similaire au sein d’une autre commission.
Coinbase retire son soutien au texte concurrent
La semaine dernière, la Commission bancaire du Sénat a échoué à faire avancer son propre projet de loi. La plateforme Coinbase a retiré son soutien, citant des inquiétudes sur le traitement des actions tokenisées et de la DeFi.
Plus de 70 amendements ont paralysé la Commission bancaire
Ce projet concurrent s’est enlisé sous le poids de plus de 70 amendements. La Commission de l’Agriculture, qui gère la CFTC, espérait montrer plus de cohésion. Mais l’introduction de clauses ciblant directement la fortune en cryptomonnaie du Président risque de polariser les débats et de bloquer toute avancée bipartisane.
Synthèse : La politique rattrape la finance
Ce samedi 24 janvier 2026 place le Congrès face à ses contradictions.
- Le Conflit : Trump possède 1,4 Md $ en crypto, les Démocrates veulent légiférer.
- L’Outil : Amendement Bennet interdisant le trading aux élus.
- Le Frein : Amendement Klobuchar bloquant la loi sans une CFTC complète.
- L’Enjeu : Vote crucial mardi prochain pour l’avenir du marché.
La régulation de la cryptomonnaie aux États-Unis ne dépend plus seulement de la technique financière, mais d’une guerre politique sur l’éthique présidentielle.
Synthèse cryptomonnaie : la politique prend le dessus sur la régulation crypto
Il propose d’interdire au Président, au Vice-Président et aux membres du Congrès d’acheter ou de vendre des actifs numériques. Le but est d’éviter qu’ils utilisent leur pouvoir pour influencer les prix et s’enrichir personnellement.
Le Président Trump possède des intérêts massifs dans le secteur, estimés à 1,4 milliard de dollars (World Liberty Financial, American Bitcoin). Ses opposants craignent qu’il ne favorise des lois qui profitent directement à ses entreprises.
La CFTC est l’organisme qui doit réguler une grande partie du marché crypto. Actuellement, elle n’a qu’un seul dirigeant (nommé par le président) sur les cinq prévus. L’amendement Klobuchar veut attendre qu’il y ait au moins 4 commissaires pour garantir une régulation équilibrée et non partisane.
C’est difficile. Il faut 60 voix au Sénat, ce qui oblige les Républicains à convaincre des Démocrates. Avec ces nouveaux amendements ciblant Trump, le soutien bipartisan nécessaire devient très compliqué à obtenir.
Disclaimer (avis de non-responsabilité) : Ce contenu analyse des projets de loi et des débats politiques américains. Il ne constitue pas un conseil juridique ou financier. L’environnement législatif de la cryptomonnaie est en constante évolution.