La « Crypto Valley » de Zoug confirme son statut de laboratoire financier ce mercredi 28 janvier 2026. La fintech Plusplus lance une offensive inédite sur le marché local : emballer le stablecoin Frankencoin (ZCHF) dans des produits financiers traditionnels. L’offre comprend une solution de trésorerie, un produit négocié en bourse (ETP) et une garantie de loyer numérique. Avec une promesse de rendement autour de 4 %, Plusplus vise 20 millions de francs d’actifs d’ici la fin de l’année. Analyse d’une tentative audacieuse pour imposer un stablecoin franc suisse dans un monde dominé par le dollar.
Plusplus structure trois produits pour démocratiser le Frankencoin
Plusplus ne se contente pas d’émettre un jeton. L’entreprise construit une infrastructure financière complète autour du Frankencoin pour séduire entreprises et particuliers.
Une trésorerie d’entreprise rémunérée à 4 %
Le premier produit cible les sociétés disposant de liquidités excédentaires. Au lieu de laisser dormir l’argent sur des comptes bancaires à faible rendement, les entreprises peuvent gagner environ 4 % via le Frankencoin. Ce taux dépasse largement les standards actuels du marché monétaire. En contrepartie, l’entreprise assume les risques liés aux contrats intelligents et à la liquidité.
Un ETP pour les investisseurs traditionnels
Le second pilier est un ETP (Exchange Traded Product). Il permet aux investisseurs institutionnels et particuliers d’accéder à l’écosystème Frankencoin via des canaux classiques. Enfin, le troisième produit s’attaque au marché immobilier.
Une garantie de loyer numérique avec Zinsli
En partenariat avec la startup Zinsli, Plusplus lancera au deuxième trimestre 2026 une garantie de loyer numérique. Le potentiel est immense : 10 à 11 milliards de francs sont actuellement bloqués sur des comptes de dépôt traditionnels en Suisse.
Frankencoin : un stablecoin suisse au modèle technique unique
Le Frankencoin (ZCHF) se distingue radicalement de ses concurrents comme l’USDC ou le Tether.
Un système sans réserves bancaires, basé sur le collatéral crypto
Le ZCHF n’est pas adossé à des dollars ou des francs en banque. Il utilise un système de positions de crédit décentralisées. Les utilisateurs déposent des actifs cryptos comme collatéral pour émettre des ZCHF. Le système est actuellement sur-collatéralisé à 230 % : 50 millions de francs d’actifs garantissent une masse monétaire de 22 millions de ZCHF.
Un soft‑peg sans oracles pour plus d’indépendance
Contrairement aux stablecoins rigides, le Frankencoin ne garantit pas une parité stricte de 1:1. Il utilise un « ancrage souple » (soft peg) basé sur des incitations économiques. Particularité notable : le système se passe d’oracles de prix externes comme Chainlink. Cela renforce son indépendance mais ralentit le processus de liquidation en cas de chute brutale des marchés.
Le défi de l’adoption : un stablecoin suisse face à l’hégémonie du dollar
Le marché des stablecoins reste impitoyable pour les devises non-américaines. L’initiative de Plusplus arrive dans un contexte concurrentiel difficile.
Les échecs du XCHF et les limites du DCHF
Le marché suisse a déjà connu des échecs. Bitcoin Suisse a abandonné son CryptoFranc (XCHF) en août 2024, préférant se concentrer sur l’investissement. Sygnum Bank propose bien le Digital CHF (DCHF), mais il sert principalement de jeton de règlement interne pour ses clients.
Une part de marché minuscule dans un océan de stablecoins USD
Le Frankencoin revendique la huitième place mondiale hors stablecoins dollar. Cependant, la réalité diffère. Les stablecoins dollar dominent 99 % du marché. Avec 22 millions de francs en circulation face à un volume mondial de 300 milliards de dollars, le ZCHF reste une goutte d’eau.
Une équipe de Zoug taillée pour la DeFi
Pour réussir ce pari, Plusplus s’appuie sur une équipe expérimentée et ancrée dans l’écosystème local.
Ingénieurs ETH et chercheurs spécialisés en finance décentralisée
Benjamin Rossi dirige la société, ingénieur ETH et ancien journaliste, et Matthias Nadler, docteur en finance décentralisée. Nadler a notamment co-signé des publications avec Vitalik Buterin, le fondateur d’Ethereum. Plusplus est membre de l’organisme d’autorégulation VQF, assurant un cadre de conformité sérieux.
Frankencoin : innovation suisse ou niche risquée ?
Ce mercredi 28 janvier 2026 marque une tentative de sophistication du marché crypto suisse.
- Le Produit : ETP, Trésorerie, Garantie Loyer (Rendement ~4%).
- La Tech : Frankencoin (ZCHF), décentralisé et sur-collatéralisé.
- L’Enjeu : Capter 20M CHF de volume d’ici fin 2026.
- Le Risque : Liquidité faible face aux acteur majeurs USD.
Plusplus tente de prouver que le franc suisse a un avenir numérique productif, bien plus que de sa simple fonction de valeur refuge.
FAQ : Tout savoir sur le Frankencoin et Plusplus (Janvier 2026)
Le Frankencoin est un stablecoin suisse décentralisé. Contrairement à l’USDC, aucune garantie par des réserves bancaires fiat, mais par un panier d’actifs crypto sur-collatéralisé (actuellement à 230 %). Il utilise un mécanisme d’ancrage souple (« soft peg ») sans dépendre d’oracles externes.
La fintech Plusplus propose des produits de trésorerie destinés aux entreprises. En plaçant leurs liquidités excédentaires dans l’écosystème Frankencoin via Plusplus, les sociétés peuvent générer un rendement annuel d’environ 4 %, bien supérieur aux taux des comptes de dépôt traditionnels.
L’USDC est un stablecoin centralisé adossé à du dollar US en banque (ratio 1:1). Le Frankencoin (ZCHF) est décentralisé, adossé à des cryptos (ETH, BTC, etc.) et suit la valeur du franc suisse. Il ne dépend pas du système bancaire traditionnel pour maintenir sa valeur.
Les risques principaux incluent les failles techniques potentielles des contrats intelligents (« smart contracts »), le risque de liquidité (difficulté à revendre rapidement de gros montants) et la volatilité du mécanisme d’ancrage souple, qui peut faire varier le prix légèrement autour de 1 CHF.
Ce contenu analyse des produits financiers émergents basés sur la blockchain. Il ne constitue pas un conseil en investissement. Les stablecoins décentralisés comportent des risques de perte en capital et de liquidité.