Le fonds Andreessen Horowitz (a16z) exige un cadre réglementaire unifié pour les stablecoins aux États-Unis. Dans une lettre au Trésor américain, le groupe alerte sur les dangers d’une fragmentation juridique. Celle-ci pourrait paralyser l’innovation et la fongibilité de ces actifs cruciaux.
Points clés sur les stablecoins :
- Andreessen Horowitz (a16z) a soumis une réponse formelle au Trésor américain concernant la future loi GENIUS.
- Le risque majeur est la perte de fongibilité. Un stablecoin du Texas pourrait ne pas valoir la même chose qu’un stablecoin de New York.
- Un « passeport » réglementaire est au cœur des débats. Il permettrait à un émetteur agréé d’opérer partout.
a16z face au Trésor : l’urgence d’un cadre clair pour la loi GENIUS
La firme Andreessen Horowitz, via sa branche a16z crypto, a officiellement interpellé le Trésor américain. L’enjeu est l’implémentation de la loi GENIUS (Guiding and Establishing National Innovation for U.S. Stablecoins), un texte qui doit encadrer les émetteurs de stablecoins. Dans sa réponse, a16z insiste sur un point non négociable. Les cadres réglementaires des États doivent refléter parfaitement les exigences fédérales.

Miles Jennings, conseiller général d’a16z crypto, mène cette initiative. Son but est d’empêcher un « patchwork » de règles régionales. Le fonds prévient qu’une telle mosaïque nuirait à l’interchangeabilité des jetons. Elle freinerait aussi l’innovation des paiements numériques aux États-Unis. L’objectif est d’éviter les complexités qui ont handicapé les réseaux de paiement traditionnels.
La fongibilité, pilier non négociable des stablecoins
L’argumentation d’a16z repose sur un principe fondamental : la fongibilité. Pour être efficaces, les stablecoins doivent être parfaitement interchangeables, peu importe leur lieu d’émission. « Un stablecoin émis dans un État doit avoir la même valeur qu’un stablecoin émis au niveau fédéral ou n’importe où ailleurs », a insisté Miles Jennings sur X (anciennement Twitter).
Le fonds avertit que ce principe s’effondrerait si les États imposaient des exigences différentes. Cela concerne les réserves, droits de rachat, normes de capital ou gestion des risques. Une telle situation créerait une incertitude nuisible à la confiance et à l’efficacité du système. La fiabilité des stablecoins est fondamentale, surtout quand la stabilité des infrastructures est clé, comme le montre la pression sur des actifs comme Solana.
Des volumes qui imposent une régulation cohérente
Pour appuyer son propos, a16z rappelle l’ampleur du marché. Jennings a cité son co-fondateur Chris Dixon, qui décrit les stablecoins comme le « moment WhatsApp » de la monnaie. Il a ensuite souligné que « plus de 12 000 milliards de dollars ont transité par les stablecoins l’année dernière ». Ces volumes colossaux vont augmenter, transformant ces actifs en infrastructure financière majeure. Une régulation incohérente menacerait donc une part croissante du système financier mondial.
Protéger la DeFi et instaurer un « passeport » financier national
Les commentaires d’a16z soulignent deux autres enjeux stratégiques. Il s’agit de la protection de la finance décentralisée (DeFi) et de la création d’un passeport réglementaire. Le fonds demande de sanctuariser les définitions clés de la loi GENIUS. Les États ne devraient pas pouvoir les réinterpréter.
Selon a16z, le Congrès a délibérément conçu des termes comme « payment stablecoin » ou « digital asset service provider ». L’objectif était d’établir des frontières réglementaires claires. Si les États modifiaient ces définitions, cela exposerait les acteurs de la DeFi. Ils feraient face à une incertitude juridique et à des exigences réglementaires imprévues.
Le « passeporting » : la clé pour une expansion nationale fluide
L’autre demande majeure concerne des normes claires de « passeporting ». a16z propose qu’un émetteur agréé dans un État approuvé par le Trésor puisse opérer dans tout le pays. Il n’aurait pas besoin de licences supplémentaires. « Un État hôte ne devrait pas pouvoir imposer ses propres exigences à un émetteur déjà agréé ailleurs », insiste Jennings.
Ce mécanisme est essentiel pour une concurrence équitable. Il existe déjà ailleurs, notamment en Europe avec la réglementation MiCA. Il réduirait les charges de conformité pour les entreprises. Cela favoriserait leur croissance nationale et stimulerait l’innovation pour la monnaie native d’Internet.
Loi GENIUS : un test décisif pour l’avenir des paiements numériques aux USA
L’intervention d’a16z le souligne : l’implémentation de la loi GENIUS est un moment charnière. Le Trésor américain peut créer un cadre national durable. Ce cadre assurerait la stabilité financière tout en soutenant l’innovation. Le choix est simple : un marché unifié et compétitif, ou un labyrinthe réglementaire. Ce dernier freinerait le développement des cryptomonnaies aux États-Unis.
La position du fonds est claire : technologie et politique efficace peuvent travailler de concert. Le succès de la loi GENIUS dépendra donc des régulateurs. Ils devront traduire cette vision en règles concrètes et harmonisées. Le Trésor doit maintenant s’assurer que l’implémentation soit à la hauteur des ambitions du législateur.
FAQ : stablecoins, loi GENIUS et régulation crypto
La loi GENIUS (Guiding and Establishing National Innovation for U.S. Stablecoins) est un projet de loi américain visant à créer un cadre réglementaire fédéral pour les émetteurs de stablecoins. Son objectif est d’établir des normes claires en matière de réserves, de fonds propres et de droits de rachat, tout en permettant aux États de mettre en place leurs propres régimes de surveillance, sous réserve d’une certification par le Trésor.
a16z soutient que des règles uniformes sont vitales pour la fongibilité des stablecoins. Si chaque État impose des exigences différentes, un stablecoin émis dans une juridiction pourrait être perçu comme moins sûr ou moins fiable qu’un autre, détruisant leur interchangeabilité. Cela créerait un système de paiement fragmenté, freinerait l’innovation et augmenterait les coûts de conformité pour les entreprises.
Le ‘passeport financier’ est un concept où une entreprise de stablecoins agréée dans un État dont le cadre réglementaire est certifié par le Trésor américain pourrait opérer dans tout le pays sans avoir à obtenir une licence dans chaque État. Ce système, similaire à celui existant en Europe, vise à réduire les barrières administratives, à favoriser la concurrence et à permettre aux entreprises de se développer plus facilement à l’échelle nationale.
Disclaimer : Cet article a un but informatif et ne constitue pas un conseil en investissement. Les cryptomonnaies sont des actifs volatils. Faites vos propres recherches avant toute décision.