L’Asie refuse de laisser le monopole de la monnaie numérique aux États-Unis. En ce premier jour de 2026, le paysage des Stablecoins change de visage. Si le dollar règne encore en maître, le Japon et la Corée du Sud ont passé l’année 2025 à construire leurs propres armes monétaires. Régulateurs, banques et géants de la Tech déploient désormais des infrastructures locales. Leur objectif est de ne plus dépendre uniquement de l’USDC ou de l’USDT pour les échanges numériques.
L’offensive asiatique : Yen et Won entrent dans la Blockchain
L’année 2025 a marqué un tournant stratégique. Tokyo et Séoul ne voient plus les crypto-actifs comme une menace, mais comme une opportunité de souveraineté.
Le Japon mobilise ses mégabanques
Au pays du Soleil-Levant, l’initiative vient du sommet. La société JPYC a lancé en octobre le premier stablecoin adossé au Yen légalement reconnu. Mais les mastodontes financiers bougent aussi. Les trois mégabanques japonaises, comme MUFG, SMBC et Mizuho, pilotent désormais leurs propres jetons. Elles testent les paiements interbancaires et les règlements institutionnels sur la blockchain. L’Agence des Services Financiers (FSA) soutient officiellement ces projets depuis décembre. Même le conglomérat SBI Holdings s’allie avec la firme Startale pour émettre ses propres actifs. Le Japon veut utiliser la technologie pour redonner au Yen sa pertinence mondiale.
La Corée du Sud multiplie les réseaux
Séoul suit une trajectoire similaire avec une agressivité technologique typique. Les initiatives fleurissent sur plusieurs blockchains. La firme de conservation BDACS a lancé le KRW1 sur le réseau Avalanche en septembre. Peu après, le KRWQ a fait ses débuts sur la blockchain Base de Coinbase. KakaoBank, la banque mobile géante, avance aussi sur son propre projet. Les émetteurs coréens ne se limitent pas à une seule chaîne. Ils occupent le terrain partout pour faciliter les transferts de fonds et les paiements régionaux.
David contre Goliath : La réalité brutale des chiffres
Malgré cette effervescence politique et technique, le marché reste implacable. La domination du billet vert écrase encore la concurrence.
Le Dollar pèse 97 % du marché
Les chiffres de CoinGecko remettent les choses en perspective. Le marché global des Stablecoins pèse 312 milliards de dollars. Sur ce total, les actifs adossés au dollar (comme USDT et USDC) représentent 303,3 milliards. C’est une hégémonie de 97 %. En comparaison, les stablecoins Euro pèsent 679 millions de dollars. Ceux liés au Yen japonais atteignent péniblement 16,4 millions de dollars. Chen Wu, PDG de EX.IO, tranche dans le vif. Pour lui, la gravité du marché penche vers le dollar car le commerce mondial utilise le dollar. Les initiatives locales restent, pour l’instant, des nains financiers.
Positionnement stratégique ou adoption réelle ?
Les experts restent prudents. Angela Ang, de TRM Labs, analyse la situation avec recul. Selon elle, l’activité actuelle relève plus du positionnement stratégique que de l’adoption de masse. Les volumes réels restent faibles. Les banques asiatiques placent leurs pions pour l’avenir. Elles veulent éviter que leurs systèmes financiers nationaux ne deviennent obsolètes dans une économie « on-chain ». Mais pour l’heure, les traders préfèrent toujours la liquidité profonde du dollar pour leurs opérations quotidiennes.
Cap sur 2026 : La bataille des paiements transfrontaliers
Si les stablecoins asiatiques ne servent pas au trading spéculatif, ils trouvent leur utilité ailleurs. L’année 2026 sera celle des cas d’usage concrets.
Une infrastructure pour l’économie réelle
Eddie Xin, chercheur chez OSL, souligne un point crucial. Les nouveaux jetons comme le JPYC, le KRW1 ou l’AxCNH (Yuan offshore) visent les paiements, pas la spéculation. Ils servent aux transferts de fonds internationaux et au règlement du commerce régional. Singapour (avec le XSGD) et les Philippines (PHPC) utilisent déjà ces outils pour les envois d’argent des travailleurs expatriés. Ces instruments ne cherchent pas à « remplacer le dollar » globalement, mais à fluidifier les échanges locaux sans passer par la case conversion coûteuse.
Vers un corridor multi-devises
L’avenir proche dessine un « corridor de stablecoins » en Asie du Nord-Est et du Sud-Est. Les entreprises utiliseront ces actifs pour gérer leur fonds de roulement et régler leurs fournisseurs instantanément. L’objectif pour 2026 est de créer une zone économique numérique où le Yen, le Won et le Dollar de Singapour circulent librement. La diversité monétaire devient ainsi une force logistique. L’Asie construit les rails d’une finance décentralisée, mais souveraine.
Synthèse : L’Asie prépare l’après-Dollar
Ce premier jour de 2026 révèle une tendance de fond irréversible.
- L’Action : Le Japon et la Corée lancent leurs propres stablecoins pour protéger leur souveraineté monétaire numérique.
- Le Constat : Le Dollar domine encore 97 % du marché, rendant la tâche titanesque pour les devises locales.
- L’Avenir : La bataille se déplace du trading vers les paiements réels (remittances, commerce B2B), où les devises locales ont une carte majeure à jouer.
Wall Street garde le volume, mais l’Asie construit l’infrastructure de demain.
FAQ : Les stablecoins asiatiques en 2026
Ils veulent éviter la dépendance totale au dollar américain dans l’économie numérique et moderniser leurs systèmes de paiement transfrontaliers pour rester compétitifs.
Non, pas à court terme. Les stablecoins dollars représentent 97 % du marché car ils dominent le trading crypto mondial. Les devises asiatiques visent plutôt le commerce régional et les transferts de fonds.
Au Japon, les trois mégabanques (MUFG, SMBC, Mizuho) mènent des projets pilotes. En Corée du Sud, des acteurs comme KakaoBank avancent également sur le sujet.
Disclaimer (Avis de non-responsabilité) : Le contenu de cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue en aucun cas un conseil en investissement. Les actifs numériques, y compris les stablecoins, comportent des risques. Faites vos propres recherches (DYOR) avant toute décision financière.