L’ESMA a relevé, dans son rapport TRV 2/2026 publié le 10 septembre 2026, que la vente de contrats d’événements dans l’Union européenne requiert généralement une autorisation. Or les principales plateformes de marchés de prédiction ne la détiennent pas, selon le régulateur. Cette position ne bannit pas l’ensemble des marchés de prédiction. Elle impose surtout une analyse produit par produit, entre règles financières, régulation crypto et droit national des jeux d’argent.
Points clés sur ESMA et marchés de prédiction :
- L’accès européen à ces contrats ne peut pas reposer sur une simple absence de contrôle réglementaire.
- Les volumes mondiaux ont atteint 12 milliards de dollars sur Polymarket au quatrième trimestre 2025.
- Les données ne permettent pas de mesurer précisément la part des utilisateurs situés dans l’UE.
L’ESMA conteste l’accès européen partiel
Le rapport vise l’offre transfrontalière de contrats, pas l’existence même des plateformes de marchés de prédiction. Pour l’autorité, la structure d’un marché détermine le régime applicable et les obligations qui en découlent.

Une autorisation souvent nécessaire
Selon l’ESMA, ces grandes plateformes proposent des contrats d’événements à des résidents de l’Union. Elles ne disposent généralement pas de l’autorisation européenne requise. Polymarket et Kalshi concentrent l’attention car leur notoriété a fortement progressé depuis fin 2024.
Ces contrats peuvent porter sur une élection ou un match sportif. Ils peuvent aussi viser une donnée macroéconomique, une procédure judiciaire ou le cours d’une cryptomonnaie. L’habillage technique ne suffit pas à trancher. Le régulateur analyse le sous-jacent, le règlement, les clients visés et les droits liés au contrat.
Trois cadres possibles
Si le produit constitue un instrument financier, il relève alors de MiFID II, notamment comme dérivé. Un contrat émis sur blockchain qui n’est pas un instrument financier peut relever de MiCA. S’il ressemble à un pari, il peut relever des règles nationales sur les jeux d’argent.
Cette diversité complique l’harmonisation des marchés de prédiction en Europe. Un même format peut recevoir des qualifications différentes selon ses caractéristiques et son pays de commercialisation. L’ESMA n’instaure donc pas d’interdiction générale. Elle rappelle une frontière réglementaire déjà en vigueur.
Les volumes mondiaux ne prouvent pas une adoption européenne
Les chiffres de l’ESMA attestent de la croissance internationale des marchés de prédiction. Ils ne mesurent pas leur clientèle européenne. Cette différence est déterminante pour évaluer le risque. Elle évite aussi de confondre visibilité médiatique et usage local.

Une accélération concentrée en 2025
Au quatrième trimestre 2025, les volumes auraient atteint environ 8,8 milliards de dollars sur Kalshi et 12 milliards de dollars sur Polymarket. L’élection présidentielle américaine a joué un rôle de catalyseur pour les marchés de prédiction. Elle a fait connaître ces contrats à un public bien plus large.
Les activités ne se recouvrent pas totalement. Le sport dominerait l’activité de Kalshi, à hauteur d’environ 73 % des volumes identifiés. Polymarket présente une répartition plus large : environ 29 % pour la politique, 19 % pour le sport et 15 % pour les thèmes crypto.
La donnée européenne reste insuffisante
Faute de données disponibles, l’ESMA ne peut pas évaluer la part exacte des particuliers européens qui utilisent les marchés de prédiction. Le régulateur juge la traction dans l’UE encore limitée. Cela relativise les récits qui décrivent déjà ces plateformes comme un marché de masse en Europe.
Cette croissance mondiale retient néanmoins l’attention des autorités. CME, Cboe, Nasdaq, Eurex, Euronext et ICE se penchent sur les contrats événementiels. Ils examinent également les données liées à ces contrats et les infrastructures qui les entourent. Au-delà de la spéculation, ces produits peuvent servir à s’informer ou à se couvrir.
Géoblocage, options binaires et intégrité sous pression
Le risque le plus immédiat tient au contrôle effectif des utilisateurs européens par les plateformes. Il faut aussi protéger les particuliers et garantir une formation fiable des prix.
Les VPN mettent les exclusions à l’épreuve
Polymarket et Kalshi bloquent les ordres depuis certains pays de l’Union, mais pas depuis tous. L’ESMA questionne cette sélection et relève qu’un VPN peut contourner un géoblocage reposant uniquement sur l’adresse de connexion.
Pour les plateformes, le sujet dépasse la page d’accès. Il implique le KYC, le filtrage géographique, les contrôles de paiement et la surveillance des comportements. Le recours à des services non autorisés expose aussi les fonds de l’utilisateur à un risque opérationnel. La conservation des clés est un sujet distinct, expliqué dans notre guide wallet crypto.
La substance prime sur le nom du produit
Les contrats à issue binaire versent un montant fixe si l’événement survient, ou rien dans le cas contraire. Lorsqu’ils répondent à la définition d’un instrument financier, ils entrent dans la catégorie des options binaires dont la vente aux particuliers est interdite dans les juridictions appliquant ces mesures.
L’ESMA met également en garde contre l’insider trading, la manipulation, le wash trading et la coordination entre comptes. Le pseudonymat des adresses utilisées par les protocoles on-chain complique la détection des abus. Tout se joue dans la qualité de l’oracle, le choix de la source et la rédaction du contrat. Une règle ambiguë peut provoquer un litige après la clôture du marché.
Le prochain test sera celui de la conformité
Le constat est clair : l’ESMA n’autorise pas la libre distribution de contrats d’événements dans l’Union. Une qualification juridique et, souvent, une autorisation sont nécessaires. La tokenisation ne change pas, à elle seule, la nature d’un dérivé, d’un pari ou d’un produit relevant de MiCA.
La limite reste importante : le rapport ne chiffre pas l’exposition réelle des particuliers européens. Il ne préjuge pas non plus de la qualification de chaque contrat. Les autorités nationales, d’éventuelles enquêtes, le niveau de KYC et les mécanismes de résolution fourniront les prochaines données mesurables.
Polymarket, Kalshi et leurs concurrents des marchés de prédiction font désormais face à un enjeu opérationnel. Ils doivent prouver l’efficacité des restrictions d’accès et le cadre applicable à chaque offre. Pour les utilisateurs, le volume affiché ne suffit pas. Ils doivent aussi bénéficier d’une protection effective en cas de litige ou de défaillance.
FAQ : ESMA, marchés de prédiction et réglementation MiCA
Elle est importante car l’ESMA cible l’accès européen aux contrats d’événements. Son rapport du 10 septembre 2026 indique que leur commercialisation dans l’Union nécessite généralement une autorisation. La position concerne aussi les contrôles d’accès, les produits à issue binaire et la protection des particuliers, sans instaurer d’interdiction uniforme.
L’ESMA examine la substance du contrat, pas son nom commercial. Selon ses caractéristiques, le produit peut relever de MiFID II comme instrument financier, de MiCA s’il est émis sur blockchain sans être financier, ou du droit national des jeux d’argent. Le sous-jacent, le règlement et le public visé influencent cette qualification.
La principale limite est l’absence de mesure fiable de leur clientèle européenne. L’ESMA observe une croissance mondiale, mais juge la traction dans l’Union limitée et non quantifiable avec les données disponibles. Les géoblocages partiels peuvent aussi être contournés par VPN, ce qui rend leur efficacité difficile à établir sans contrôles complémentaires.
Disclaimer : Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil en investissement. Les cryptomonnaies sont des actifs volatils. Faites vos propres recherches avant toute décision.