La bataille pour le contrôle du marché de prédiction américain prend une tournure politique ce mardi 27 janvier 2026. Kalshi, la plateforme réglementée par la CFTC, annonce l’ouverture d’un bureau stratégique à Washington D.C.. Pour renforcer son influence, l’entreprise recrute des vétérans de la Maison Blanche et d’Amazon. Alors que ses volumes explosent et dépassent ceux de son rival Polymarket, Kalshi doit affronter une résistance farouche de plusieurs États américains qui assimilent ses contrats à des paris sportifs illégaux. Analyse d’une offensive politique majeure pour sécuriser l’avenir de la prédiction financière.
Kalshi lance une offensive politique à Washington
Kalshi ne se cache plus. L’entreprise structure sa défense et son influence au cœur du pouvoir américain.
Un bureau dédié au lobbying fédéral
Pour diriger cette nouvelle antenne, Kalshi a nommé John Bivona comme premier responsable des relations gouvernementales fédérales. Bivona est un stratège politique avec 20 ans d’expérience, il a servi comme agent de liaison de la Maison Blanche au département de la Sécurité intérieure sous l’administration Biden.
Une stratégie ciblée contre les États réfractaires
Le combat se joue aussi au niveau local. Pour piloter la politique des États (« State policy »), Kalshi a débauché Blake Bee, ancien cadre senior chez Amazon. Son expérience passée à interagir avec les procureurs généraux des États sera cruciale pour désamorcer les conflits réglementaires actuels.
Kalshi devient le leader mondial des marchés de prédiction
Sur le plan financier, la stratégie de Kalshi porte ses fruits. Les chiffres de décembre 2025 confirment un changement de leadership sur le marché américain.
6,58 milliards de dollars en décembre 2025
Kalshi s’impose comme le plus grand marché de prédiction mondial par volume mensuel. La plateforme a rapporté un volume impressionnant de 6,58 milliards de dollars en décembre. En comparaison, son rival Polymarket a enregistré 2,28 milliards de dollars sur la même période.
L’effet NFL : un catalyseur de volumes record
Ce succès s’explique en partie par l’engouement pour les contrats sportifs. Le lancement de la saison de la NFL en septembre 2025 a agi comme un catalyseur majeur. Selon le PDG Tarek Mansour, la plateforme a enregistré 441 millions de dollars de volume dans les quatre jours suivant le coup d’envoi de la saison.
Une bataille juridique explosive
Malgré son statut d’entité approuvée au niveau fédéral, Kalshi navigue en eaux troubles. Un conflit de juridiction oppose la CFTC (fédéral) aux régulateurs des jeux (étatique).
États qui assimilent les contrats à des paris sportifs
Plusieurs États, dont l’Arizona, le Tennessee, le Connecticut et le Massachusetts, ont lancé des actions coercitives contre la plateforme. Leur argument est que les contrats sur les événements sportifs constituent des paris sportifs non licenciés, et non des produits financiers dérivés.
Décisions contradictoires entre Nevada et Tennessee
La situation légale varie d’un tribunal à l’autre.
- Nevada (Défaite) : Un juge fédéral a statué que Kalshi devait se plier aux règles de jeu de l’État, rejetant l’argument de la prééminence fédérale de la CFTC. Kalshi a fait appel de cette décision.
- Tennessee (Victoire) : À l’inverse, un juge fédéral a ordonné au conseil des paris sportifs de l’État de suspendre temporairement ses tentatives de blocage.
Un enjeu national pour tout le secteur
Cette friction réglementaire ne concerne pas que Kalshi. Des acteurs comme Polymarket et Crypto.com subissent également la pression des régulateurs étatiques. L’issue de ces batailles juridiques définira si le marché de prédiction peut opérer librement aux États-Unis ou s’il restera fragmenté par des lois locales restrictives.
Synthèse : Kalshi veut transformer sa puissance financière en influence politique
Ce mardi 27 janvier 2026 marque une étape de maturité pour l’industrie.
- L’Action : Ouverture d’un bureau à Washington D.C. et recrutement d’experts.
- La Force : Volume record de 6,58 Mds $ en décembre (vs 2,28 milliards $ pour Polymarket).
- Le Conflit : Lutte juridique contre les régulateurs des jeux de plusieurs États.
- L’Enjeu : Faire valoir son statut fédéral CFTC face aux lois locales sur les paris.
Kalshi investit massivement pour transformer sa puissance financière en influence politique, espérant ainsi unifier le marché américain sous une seule bannière réglementaire.
FAQ : Comprendre l’offensive de Kalshi
C’est une plateforme de marché de prédiction réglementée par le gouvernement fédéral américain (CFTC). Elle permet aux utilisateurs d’acheter des contrats sur l’issue d’événements futurs (sport, économie, politique), un peu comme on achète des actions en bourse.
Pour se défendre et influencer les lois. Kalshi est attaquée par plusieurs États qui veulent interdire ses contrats sportifs. En recrutant des anciens de la Maison Blanche et d’Amazon, l’entreprise veut convaincre les politiques que ses activités sont légales et bénéfiques.
C’est le cœur du débat. Kalshi dit proposer des « contrats événementiels » financiers pour se couvrir contre des risques (hedging). Les États disent que c’est simplement du pari sportif déguisé sans licence de jeu. La justice n’a pas encore tranché définitivement.
Aux États-Unis, oui. En décembre, Kalshi a enregistré trois fois plus de volume que Polymarket (6,58 milliards contre 2,28 milliards). Cela est dû en grande partie à sa régulation fédérale qui rassure les investisseurs institutionnels américains.
Disclaimer (avis de non-responsabilité) : Ce contenu analyse des développements d’entreprise et juridiques. Il ne constitue pas un conseil juridique ou financier. Les marchés de prédiction comportent des risques de perte en capital et leur statut légal évolue rapidement selon les juridictions.