La version révisée du CLARITY Act, publiée le 10 septembre 2026, conserve une clause peu commentée sur les stablecoins étrangers. L’idée est simple. Un jeton émis hors des États-Unis peut rester lié à la finance américaine. Ses réserves ou ses prestataires peuvent créer cette dépendance. Le texte ne désigne aucun émetteur. Il charge surtout le Trésor américain d’un travail de cartographie, avant une étape procédurale attendue au Sénat le 15 septembre.
Points clés sur CLARITY Act et stablecoins offshore :
- L’analyse porte aussi sur le lien économique avec les États-Unis, et pas uniquement sur l’adresse juridique de l’émetteur.
- Les Treasuries, dépôts bancaires et infrastructures américaines deviennent des critères déterminants.
- La clause prévoit un rapport sur les risques, sans viser explicitement Tether, USDT ou un acteur précis.
Le signal : Washington suit les dépendances américaines
Le signal central du CLARITY Act consiste à créer une nouvelle catégorie juridique pour les stablecoins. Elle peut placer des émetteurs étrangers sous le radar réglementaire américain sans les assimiler automatiquement à des sociétés américaines.

Une dépendance mesurée par les réserves
La section 10304 vise les « United States-dependent offshore stablecoins ». Sous conditions, cette désignation vise un stablecoin offert depuis l’étranger. Aucune entité américaine autorisée ni aucun émetteur étranger enregistré auprès du Comptroller ne l’émet.
Le point décisif porte sur les garanties de valeur. Dans le cadre du CLARITY Act, un stablecoin libellé en dollars peut entrer dans cette catégorie. Ses réserves doivent alors conserver un lien substantiel avec les États-Unis. La juridiction de constitution ne suffit donc plus à établir une réelle autonomie financière.
Les connexions visées par le texte
Le projet cite les bons du Trésor américain, les repos garantis par des Treasuries, les dépôts auprès de banques américaines et certains titres garantis par Washington. Il mentionne aussi la custody, le clearing et le règlement opérés sur des infrastructures américaines.
L’approche dépasse une simple règle de domiciliation. Elle reconnaît qu’une stabilité affichée en dollars dépend souvent d’instruments et d’intermédiaires situés au cœur de la finance américaine. Les stablecoins ne se distinguent pas seulement par leur société émettrice. La chaîne qui permet leurs rachats compte aussi.
Les étapes qui confirmeront la portée de la clause
La clause figure dans la version révisée du CLARITY Act, diffusée à quelques jours d’une procédure sénatoriale. Elle ne constitue donc pas une annonce isolée. Les éléments publics permettent de cerner l’intention du texte, mais pas encore de savoir quels émetteurs seraient formellement retenus.

Un rapport demandé au Trésor américain
La section 10304 demanderait au Trésor américain d’identifier les stablecoins étrangers atteignant un volume jugé significatif. Le rapport devrait examiner leurs volumes, leurs liens avec le système financier national et les risques de financement illicite.
Le rapport aura une version publique et pourra comporter une annexe classifiée. Cette double publication révèle un intérêt qui dépasse la régulation des stablecoins. Les autorités veulent aussi comprendre les flux transfrontaliers et les vulnérabilités de conformité.
Le calendrier sénatorial reste limité
Le Sénat doit examiner une motion to proceed prévue le 15 septembre à 14 h 15, à Washington, soit 20 h 15 à Paris. Son seul objet est d’autoriser ou non l’examen du projet. Il ne constitue donc pas l’adoption finale du CLARITY Act.
Cette disposition figurait déjà dans une version antérieure. Le Senate Banking Committee l’avait déjà intégrée à une version officielle précédente. La version révisée du 10 septembre la maintient. Dans le débat américain sur la régulation des cryptomonnaies, la disposition reste étroitement surveillée.
Réserves et prestataires : les expositions à surveiller
Si le texte franchit les étapes législatives, la disposition pourrait modifier la perception des stablecoins offshore. À court terme, l’enjeu serait d’abord informationnel. Il s’agirait de mieux mesurer les dépendances, sans imposer à ce stade d’interdiction générale.
Les Treasuries deviennent un lien réglementaire
Les émetteurs qui détiennent des Treasuries peuvent accroître la liquidité de leurs réserves et en améliorer la qualité perçue. Washington pourrait y voir le rattachement économique qu’il cherche à documenter. Les liens entre Treasuries et stablecoins font désormais aussi l’objet d’une supervision. Ils ne relèvent plus de la seule gestion de trésorerie.
Banques dépositaires, services de custody et plateformes peuvent aussi être concernés, même indirectement. Une cartographie plus précise rendrait visibles les dépendances opérationnelles, notamment lors des rachats ou du règlement entre plusieurs juridictions.
Dans la DeFi, ces monnaies servent fréquemment de collatéral ou de liquidité de référence pour de nombreuses cryptomonnaies. Une pression réglementaire accrue sur certains émetteurs pourrait affecter la disponibilité de ces garanties. Le texte ne fournit toutefois aucun scénario chiffré sur cet impact.
Le rapport du Trésor sera le véritable test du dispositif
Les éléments connus restent limités. Le CLARITY Act maintient une catégorie destinée à repérer certaines connexions américaines des émetteurs offshore de stablecoins. L’objectif consiste à cartographier et à évaluer les risques, sans accuser nommément une entreprise.
L’interprétation dépendra de la suite parlementaire, des seuils de volume retenus et de la méthode du Trésor. Sans ces précisions, présenter la clause comme une mesure ciblant USDT ou Tether dépasserait les faits disponibles.
FAQ : CLARITY Act, stablecoins offshore, clause
Elle est importante car la version révisée publiée le 10 septembre 2026 conserve cette clause avant une motion to proceed au Sénat le 15 septembre. Elle formalise une surveillance potentielle des stablecoins étrangers dont les réserves ou services restent liés au système financier américain.
Le texte retient notamment les réserves en bons du Trésor, les repos garantis par ces titres, les dépôts dans des banques américaines et certaines infrastructures de custody, clearing ou règlement. L’émetteur doit aussi être établi hors des États-Unis et ne pas relever des statuts visés par le projet.
La clause ne cite ni Tether ni USDT et ne prouve pas qu’un émetteur précis satisfait tous les critères. La motion to proceed ne constitue pas un vote final. Les seuils de volume, la méthode d’identification et les mesures concrètes du Trésor restent également à préciser.
Disclaimer : Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil en investissement. Les cryptomonnaies sont des actifs volatils. Faites vos propres recherches avant toute décision.