La bataille juridique s’intensifie pour Coinbase. Un juge du Delaware vient de rejeter la demande de classement sans suite déposée par l’entreprise.
Il autorise ainsi la poursuite d’un procès explosif pour délit d’initié présumé contre les dirigeants. Le PDG Brian Armstrong et l’investisseur Marc Andreessen figurent parmi les accusés. Cette décision surprend les observateurs. Une enquête interne avait pourtant blanchi la direction de tout acte répréhensible après dix mois d’investigation. Analyse d’un revers judiciaire majeur qui place la gouvernance de l’échange sous les projecteurs.
L’accusation : Coinbase aurait évité plus d’un milliard de dollars de pertes
Le cœur de l’affaire repose sur le timing précis des ventes d’actions lors de l’entrée en bourse de l’entreprise.
Des ventes massives d’actions juste après la cotation directe
Un actionnaire accuse les dirigeants d’avoir utilisé des informations non publiques pour vendre leurs titres au meilleur moment. La plainte allègue qu’ils ont cédé pour plus de 2,9 milliards de dollars d’actions juste après la cotation directe. Selon l’accusation, cette manœuvre leur a permis d’éviter des pertes estimées à plus de 1 milliard de dollars. Le cours de l’action s’est effondré peu de temps après ces ventes massives.
La spécificité de la « Cotation Directe »
Le conflit découle du choix de Coinbase de procéder par cotation directe plutôt que par introduction en bourse (IPO) classique. Cette méthode n’impose aucune période de blocage (« lock-up »), contrairement à une IPO traditionnelle. Les initiés pouvaient donc vendre immédiatement leurs parts. L’actionnaire affirme qu’ils ont profité de cette fenêtre technique pour liquider leurs positions avant la divulgation de mauvaises nouvelles financières.
Le choc judiciaire : le juge contredit le comité spécial de Coinbase
La décision du tribunal marque une rupture nette avec les conclusions de l’entreprise. Elle relance une affaire que Coinbase pensait avoir enterrée.
L’enquête interne blanchissait totalement la direction
Le conseil d’administration avait formé un comité spécial pour examiner les allégations en détail. Ce comité a recommandé au juge de rejeter la plainte après dix mois d’enquête minutieuse. Ils jugeaient l’accusation infondée. Ils ont conclu que les accusés n’avaient utilisé aucune information confidentielle pour orienter leurs ordres de vente.
Le tribunal estime qu’un procès contradictoire est nécessaire
Pourtant, le juge du Delaware a décidé de laisser l’affaire suivre son cours juridique. Le tribunal valide la poursuite de la procédure malgré l’avis du comité interne. Cette décision signale qu’il existe suffisamment d’éléments troubles pour justifier un procès contradictoire. La justice souhaite examiner les preuves plus en profondeur.
La défense de Coinbase : “Les ventes étaient nécessaires à la liquidité”
Les avocats de la direction maintiennent une ligne de défense ferme face à ces accusations. Ils nient toute stratégie de délit d’initié.
Les dirigeants affirment avoir vendu pour soutenir la cotation directe
La défense argumente que les ventes étaient nécessaires au bon fonctionnement technique de la cotation directe. Les actionnaires existants doivent vendre pour créer de l’offre (supply) sur le marché pour qu’une telle opération réussisse. Les avocats affirment que les dirigeants ont vendu pour permettre au public d’acheter des titres. Ils réfutent l’idée d’une fuite organisée.
Aucune preuve d’utilisation d’informations non publiques selon la défense
L’avocat Brad Sorrels insiste sur l’absence totale de preuves concernant l’utilisation d’informations non publiques. Il déclare que les dirigeants, y compris les deux plus gros actionnaires, ne voulaient pas vendre initialement. Ils restaient « bullish » (optimistes) sur l’avenir de la société à long terme. En revanche, ils se disent déçus par la décision du tribunal. Et ils promettent de combattre ces réclamations qu’ils jugent « sans fondement ».
Synthèse : la gouvernance de Coinbase face à un test majeur
Ce samedi 31 janvier 2026 ouvre une période d’incertitude juridique pour le géant américain.
- L’Accusation : Délit d’initié pour éviter 1 milliard $ de pertes.
- Les Accusés : Brian Armstrong, Marc Andreessen et le conseil.
- La Décision : Le juge autorise le procès malgré l’enquête interne.
- L’Enjeu : La réputation de la direction et de potentielles sanctions.
Coinbase devra désormais convaincre un jury que ses ventes d’actions relevaient de la mécanique de marché et non de l’opportunisme illégal.
FAQ : Tout comprendre sur le procès pour délit d’initié visant Coinbase
Ils font face à des accusations de délit d’initié. Un actionnaire prétend qu’ils ont vendu pour 2,9 milliards de dollars d’actions en utilisant des informations secrètes, évitant ainsi 1 milliard de dollars de pertes avant une chute du cours.
Le juge du Delaware a estimé que les arguments du plaignant justifiaient un procès, rejetant la demande de classement de Coinbase. Cette décision intervient alors qu’un comité spécial interne avait blanchi les dirigeants après dix mois d’investigation.
Les avocats affirment que les ventes servaient à fournir de la liquidité au marché lors de la cotation directe. Ils soutiennent que les dirigeants croyaient en l’avenir de l’entreprise et n’ont exploité aucune information confidentielle.
Une cotation directe permet d’entrer en bourse sans émettre de nouvelles actions, en vendant les parts existantes. Contrairement à une IPO, il n’y a pas de période de blocage (« lock-up »), ce qui a permis aux dirigeants de vendre immédiatement, point central de l’accusation.
Ce contenu rapporte des décisions de justice et des allégations juridiques en cours. Il ne constitue pas un conseil juridique ou financier. Les personnes accusées sont présumées innocentes jusqu’à preuve du contraire.