Le Département américain de la Justice a annoncé le 15 septembre 2026 l’inculpation de deux anciens ingénieurs de Robinhood. Ils auraient exploité des listings confidentiels de cryptomonnaies pour trader des contrats perpétuels sur Hyperliquid. Selon les procureurs, chacun aurait gagné plus de 50 000 $.
L’affaire compte moins par son montant que par la méthode alléguée. Trois éléments se croisent dans ce dossier : un accès interne, des positions sur une plateforme décentralisée et le suivi public de wallets par le FBI.
Points clés sur DOJ, RobinHood et les cryptomonnaies :
- D’après l’accusation, les deux ingénieurs auraient ouvert leurs positions avant les listings de Robinhood. Ils les auraient ensuite fermées autour du lancement.
- Les enquêteurs s’appuient sur des données internes et des transactions visibles sur la blockchain.
- Les poursuites restent des accusations et ne reclassent juridiquement aucun token cité.
Les listings de cryptomonnaies au cœur des accusations
Cette affaire liée à des listings de cryptomonnaies concerne Hefu Chai et Huaisong « Jerry » Xiang. Pour le DOJ, les faits relèvent de la commodities fraud et de la wire fraud. Il ne s’agirait donc pas d’une simple violation des règles internes de Robinhood.

Une fenêtre confidentielle directement exploitable
Parmi les salariés chargés des ajouts de cryptomonnaies, certains appartenaient au groupe appelé « Coin Aware Individuals ». Avant le public, ils pouvaient connaître les tokens retenus et leur calendrier. Les règles de Robinhood leur interdisaient de négocier ces actifs sur sa propre application ou ailleurs.
Selon l’accusation, les deux ingénieurs auraient d’abord identifié les prochaines cryptomonnaies que Robinhood prévoyait de lister. Ils auraient ensuite ouvert des positions longues sur leurs contrats perpétuels, puis attendu le lancement des tokens. Ils auraient débouclé ces positions autour de leur mise à disposition.
HYPE illustre le mécanisme présumé
La plainte situe cette découverte au 16 octobre 2025. Chai aurait alors appris que Robinhood comptait ajouter HYPE à son offre de cryptomonnaies. Le jour du lancement, un wallet que le FBI attribue à Chai aurait pris une position longue sur Hyperliquid. Il l’aurait ensuite clôturée avec profit.
Le timing est central. Certaines cryptomonnaies pouvaient devenir négociables chez Robinhood jusqu’à environ une heure avant l’annonce officielle. Ce décalage expliquerait la clôture de plusieurs positions avant la publication du listing, sans invalider la thèse des procureurs.
Les wallets crypto relient accès interne et trading
Les accusations ne reposent pas uniquement sur une proximité temporelle. Trois sources étayent les accusations, selon les enquêteurs. Ils citent les documents de Robinhood, les transactions publiques et les mouvements vers des comptes crypto identifiés.
Des transferts suivis entre plusieurs comptes
La plainte attribue à Chai des opérations sur plusieurs tokens. Elle cite MEW, MOODENG, ASTER, XPL, HYPE, ENA, AERO, SYRUP, LDO, DOT et LIT. Entre novembre 2025 et mars 2026, un portefeuille aurait également envoyé environ 100 000 $. Les enquêteurs attribueraient le compte destinataire à Chai.
POPCAT, ONDO et RENDER figurent notamment dans le dossier Xiang. Un compte potentiellement lié à Xiang aurait transféré environ 18 ETH. Le transfert vers un wallet Hyperliquid aurait précédé le listing de POPCAT. Leur valeur approchait alors 34 000 $.
La blockchain fournit une piste, pas un verdict
Une adresse publique ne révèle pas seule l’identité de son utilisateur. Ses échanges avec un compte soumis à vérification d’identité peuvent susciter l’intérêt judiciaire. Il en va de même des recoupements avec des données fournies par des entreprises. Le fonctionnement d’un wallet crypto n’offre donc pas un anonymat automatique.
Trois éléments détermineront la solidité finale du dossier. Il faudra établir l’attribution des wallets, la chronologie complète et la preuve d’un accès effectif aux informations. La source ne fournit ni volumes détaillés de chaque position ni réaction chiffrée du marché crypto. Ces éléments empêchent d’évaluer précisément l’effet des trades sur les prix.
Les cryptomonnaies face au risque des perpetuals
Le choix des contrats perpétuels distingue ce dossier de précédentes affaires liées à des listings. Ces produits servent à miser sur une hausse sans acheter directement le token. Le levier peut aussi amplifier le résultat.
Une plateforme décentralisée n’efface pas la loi
Hyperliquid n’est pas accusée d’avoir participé au mécanisme. Une opération sur une infrastructure décentralisée peut rester accessible aux enquêteurs américains. Les flux on-chain rendent cette accessibilité concrète dès qu’ils convergent vers des comptes identifiés.
Pour les prévenus, les peines maximales théoriques atteignent 10 ans pour la commodities fraud et 20 ans pour la wire fraud. Il ne s’agit que de plafonds. Ils ne préjugent ni d’une condamnation ni de la peine éventuelle.
L’intitulé des poursuites ne classe pas automatiquement HYPE, ONDO, DOT ou LDO comme commodities ou securities. L’objet porte sur l’usage présumé d’informations importantes non publiques pour négocier des dérivés. Les ressources officielles de la CFTC permettent de replacer les marchés dérivés crypto dans leur cadre fédéral.
Le précédent Coinbase de 2022 concernait aussi des annonces confidentielles, mais principalement des achats avant listing. Ici, les perpetuals et le traçage des wallets élargissent le sujet. Sur toutes les plateformes crypto, les contrôles internes doivent englober chaque instrument accessible aux salariés informés.
La procédure fixera la portée du dossier
Entre 2025 et 2026, les éléments publiés décrivent un schéma répété. Pour chaque personne, les profits présumés dépassent 50 000 $. Robinhood affirme avoir mené sa propre enquête, signalé les faits et coopéré avec les autorités. L’entreprise et Hyperliquid ne sont pas poursuivies dans cette affaire.
Les deux hommes restent présumés innocents. La suite devra déterminer qui contrôlait réellement les wallets et quelles informations chacun consultait. Elle devra aussi relier chaque position à un listing connu en interne.
Pour les cryptomonnaies, la justice donnera le prochain signal. Elle devra trancher la recevabilité des preuves on-chain et la qualification des contrats perpétuels. Le DOJ devra aussi démontrer le lien entre secret professionnel et ordre de trading. Ces décisions détermineront si le dossier devient une référence pour les plateformes décentralisées.
FAQ : Cryptomonnaies et adoption institutionnelle
Elle teste l’usage judiciaire des données on-chain contre des salariés informés. Les procureurs associent des listings confidentiels, des perpetuals négociés sur Hyperliquid et des transferts vers des comptes identifiés. Le dossier pourrait préciser jusqu’où les autorités américaines peuvent poursuivre un trading réalisé sur une plateforme décentralisée.
Le FBI affirme avoir croisé plusieurs sources complémentaires. Les enquêteurs auraient comparé les documents internes de Robinhood, les transactions publiques sur Hyperliquid, les informations fournies par des entreprises crypto et les transferts vers des comptes attribués aux prévenus. L’attribution devra encore être examinée pendant la procédure.
Non, les poursuites ne créent aucune classification automatique. Les chefs de commodities fraud et de wire fraud concernent l’utilisation présumée d’informations confidentielles pour négocier des dérivés. La présence de HYPE, ONDO, DOT ou LDO dans les plaintes ne tranche pas leur statut réglementaire général.
Disclaimer : Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil en investissement. Les cryptomonnaies sont des actifs volatils. Faites vos propres recherches avant toute décision.